Ce que soutenait le demandeur
4Le moyen critique l'ordonnance attaquée en ce qu'il a déclaré son appel non admis, alors « que tout délai prévu par une disposition de procédure pénale qui expire normalement un samedi, ou un dimanche, ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant ; que le lundi de Pentecôte est un jour férié ; qu'en retenant, pour déclarer non admis comme tardif l'appel interjeté par M. [V] le 10 juin 2025 à l'encontre du jugement contradictoire du tribunal correctionnel de Nanterre du 30 mai 2025, que « l'appel a été interjeté hors délai » (ordonnance, p. 4, § 10), quand le délai expirant normalement le 9 juin 2025, lundi de Pentecôte, jour férié, était prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant, de sorte que l'appel formé le 10 juin 2025 avait été interjeté dans le délai légal, la présidente de la chambre des appels correctionnels a excédé ses pouvoirs et violé les articles 505-1 et 801 du code de procédure pénale et L. 3133-1 du code du travail. »
Réponse de la Cour
Vu les articles 498, 801, 505-1 du code de procédure pénale :
5Selon le premier de ces textes, l'appel est interjeté dans le délai de dix jours à compter du prononcé du jugement contradictoire.
6Le deuxième prévoit que le délai prévu pour l'accomplissement d'un acte ou d'une formalité qui expirerait un samedi, un dimanche ou un jour férié est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
7Si, aux termes du dernier, l'ordonnance de non-admission d'appel du président de la chambre des appels correctionnels n'est pas susceptible de recours, il en est autrement lorsque son examen fait apparaître un excès de pouvoir.
8Pour juger non-admis l'appel relevé par M. [V], l'ordonnance attaquée retient qu'il a été interjeté après l'expiration du délai de dix jours prévu à l'article 498 du code de procédure pénale.
9En statuant ainsi, alors que le délai d'appel du jugement contradictoire du 30 mai 2025 expirait le lundi 9 juin 2025, lundi de Pentecôte reconnu comme jour férié par l'article L. 3133-1 6° du code du travail, et était en conséquence prorogé au lendemain 10 juin 2025, la présidente de la chambre des appels correctionnels a excédé ses pouvoirs.
10L'annulation est par conséquent encourue.