Sur le premier moyen, pris en sa deuxième branche
Ce que soutenait le demandeur
3M. [M] fait grief à l'arrêt de dire qu'il a commis des fautes de gestion ayant contribué à l'insuffisance d'actif de la société Sunprotect France et de le condamner à payer au liquidateur la somme de 181 627,22 euros, alors « que le jugement qui condamne le dirigeant d'une personne morale à supporter tout ou partie de l'insuffisance d'actif de celle-ci doit préciser en quoi chaque faute retenue a contribué à l'insuffisance d'actif ; qu'au cas présent, sur l'omission ou le retard dans la déclaration de l'état de cessation des paiements, la cour d'appel s'est bornée à énoncer que l'absence de dépôt de déclaration de l'état de cessation des paiements avait aggravé le passif de la société avec un accroissement des dettes notamment sociales "au cours de l'année 2020" ; qu'en statuant ainsi, sans rechercher, ainsi qu'elle y était invitée, si cette faute de gestion, n'ayant pu exister avant l'expiration du délai de quarante-cinq jours courant à compter du 30 juin 2020 dont le dirigeant disposait pour procéder à la déclaration de cessation des paiements, avait contribué à l'insuffisance d'actif à l'expiration de ce délai, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 651-2 du code de commerce. »
Réponse de la Cour
Vu l'article L. 651-2 du code de commerce :
4Selon ce texte, la faute de gestion, pour permettre d'engager la responsabilité pour insuffisance d'actif du dirigeant, doit avoir contribué à l'insuffisance d'actif.
5Pour condamner M. [M] à supporter l'insuffisance d'actif de la société Sunprotect France, l'arrêt retient que l'absence de dépôt de la déclaration de l'état de cessation des paiements a aggravé le passif de la société avec un accroissement des dettes notamment sociales de l'URSSAF au cours de l'année 2020.
6En se déterminant par de tels motifs, impropres à démontrer en quoi l'insuffisance d'actif avait augmenté entre l'expiration du délai de quarante-cinq jours courant à compter du 30 juin 2020 et le 18 décembre 2020, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision.