Sur le premier moyen
Ce que soutenait le demandeur
5Le moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a émis un avis favorable à l'extradition de M. [X], alors :
« 1°/ qu'en matière d'extradition, les débats devant la chambre de l'instruction s'ouvrent par l'interrogatoire de la personne mise en cause et ont lieu, en conséquence, en sa présence ; qu'en statuant hors la présence de M. [X] et sans pouvoir procéder à son interrogatoire, au besoin en renvoyant l'affaire à une audience ultérieure, la chambre de l'instruction a méconnu l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, l'article préliminaire et l'article 696-15 du code de procédure pénale. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 6, § 3, de la Convention européenne des droits de l'homme :
6Selon ce texte, tout accusé a le droit de se défendre lui-même ou d'avoir l'assistance d'un défenseur de son choix et, s'il n'a pas les moyens de rémunérer un défenseur, de pouvoir être assisté gratuitement par un avocat d'office, lorsque les intérêts de la justice l'exigent.
7Il résulte des pièces de la procédure que, le 9 septembre 2024, le demandeur a été présenté au procureur général, et a fait l'objet d'un ordre d'incarcération sous écrou extraditionnel, décidé par un magistrat du siège désigné par le premier président de la cour d'appel, puis que le procureur général a fait notifier, le 12 septembre 2024, à M. [X], incarcéré, et, le 13 septembre 2024, à son avocat, que l'affaire serait appelée à l'audience de la chambre de l'instruction du 17 septembre 2024.
8La chambre de l'instruction énonce que, si M. [X] devait comparaître le 17 septembre 2024, son extraction a été impossible, compte tenu d'un mouvement de protestation des surveillants de l'établissement pénitentiaire où il est incarcéré, et qui a empêché les extractions de détenus.
9La chambre de l'instruction ajoute qu'après avoir renvoyé l'examen du dossier à la fin de l'audience, elle a été contrainte de l'évoquer en l'absence du demandeur, compte tenu de la poursuite du blocage des extractions pour la journée, situation qu'elle a qualifiée de circonstance imprévisible et insurmontable faisant obstacle à l'examen de l'affaire dans les conditions prévues, la comparution de M. [X] ne pouvant être reportée compte tenu des délais impératifs d'audiencement.
10En émettant un avis favorable à l'extradition en l'absence du demandeur, qui n'avait pu être extrait, en raison d'une circonstance qui n'était pas extérieure au service de la justice, et alors que sa comparution pouvait être reportée, jusqu'au 23 septembre à minuit, la chambre de l'instruction n'a pas justifié sa décision.
11La cassation est, dès lors, encourue, sans qu'il y ait lieu d'examiner l'autre grief.