15Les moyens sont réunis.
Vu les articles 6, § 2, de la Convention européenne des droits de l'homme, 481 et 484 du code de procédure pénale :
16Il se déduit de ces textes qu'en cas de pourvoi formé par les ayants droit du prévenu décédé postérieurement à son renvoi devant la juridiction pénale, celle-ci doit être mise en mesure de se prononcer sur l'éventuelle demande de restitution des biens placés sous main de justice susceptible d'être présentée par les ayants droit de l'intéressé, au regard des conditions légales, ce qui implique notamment qu'elle statue sur la qualification de produit ou d'instrument de l'infraction des biens dont la restitution est éventuellement sollicitée et, par voie de conséquence, sur la caractérisation objective de l'infraction objet des poursuites.
17En revanche, la juridiction, devant laquelle les ayants droit de la personne décédée doivent être recevables à contester l'infraction, outre le fait que le bien dont ils sollicitent la restitution en serait l'instrument ou le produit, ne saurait imputer l'infraction à cette dernière, ni la déclarer coupable de celle-ci.
18Pour refuser la restitution des biens immobiliers appartenant aux sociétés [8] et [9], l'arrêt attaqué énonce que l'argent issu de la corruption a abondé les comptes bancaires d'[L] [U] et de ses sociétés.
19Ils retiennent que la création de sociétés offshore ainsi que l'ouverture de comptes bancaires dans des pays très attachés au secret bancaire, et les montages financiers en résultant, outre ses omissions déclaratives fiscales à l'administration fiscale algérienne, établissent qu'[L] [U] a agi volontairement dans le but d'opacifier les flux financiers afin de donner à l'argent de la corruption une apparence acceptable et de s'enrichir plus sûrement.
20Ils relèvent qu'il a, pour partie, utilisé cet argent à des fins personnelles, en achetant des biens en France.
21Ils en déduisent qu'en agissant ainsi, il a incontestablement apporté un concours personnel actif et en toute connaissance de cause à une opération de blanchiment qui lui a été en partie profitable.
22Ils concluent qu'il ne fait aucun doute que la procédure engagée à l'encontre d'[L] [U], qui n'a pu aboutir en raison de son décès, aurait caractérisé des faits de blanchiment de corruption s'il avait été en mesure de comparaître en justice.
23En l'état de ces motifs, dont il résulte que les juges ont retenu la culpabilité d'[L] [U] et porté atteinte à la présomption d'innocence, la cour d'appel a méconnu les textes susvisés et les principes ci-dessus rappelés.
24La cassation est par conséquent encourue.