9Les moyens sont réunis.
Vu les articles 6 et 593 du code de procédure pénale :
10Il résulte du premier de ces textes que l'action publique s'éteint par la mort du prévenu, dont la culpabilité ne peut plus être retenue. Cependant, la mesure de confiscation visant l'instrument du délit ou son produit constitue une sanction à caractère réel qui survit à l'extinction de l'action publique.
11Selon le second, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.
12Pour rejeter la requête en restitution des sommes dont le tribunal correctionnel a ordonné la confiscation, présentée par Mme [C], l'arrêt attaqué énonce que sa qualité de légataire universelle et d'héritière de son père décédé [N] [C] la rend recevable en son intervention volontaire, peu important sur ce point qu'elle ait été également condamnée dans cette affaire, et que le droit israélien étant applicable car le décès a eu lieu dans cet Etat, il importe non de contester la culpabilité de [N] [C], définitivement acquise, et le bien fondé des peines prononcées et plus spécialement de la confiscation des sommes dont la restitution est demandée, mais de définir si la légataire universelle justifie, en cette seule qualité, d'un droit sur ces sommes.
13Les juges retiennent que du fait de la constatation de l'extinction de l'action publique prononcée s'agissant de [N] [C], les termes de sa condamnation sont définitivement fixés et ne peuvent être remis en cause par le biais de l'action de la légataire universelle, qu'il est juridiquement inapproprié de consigner dans les écritures déposées par cette dernière que « [N] [C] était innocent des faits qui lui était reprochés », que « les sommes appréhendées sur ses comptes sont sans lien avec la prévention » et encore que « les espèces retrouvées dans le coffre fort utilisé par [N] [C] ne constituaient pas le produit des faits visés à la prévention ».
14Ils concluent que le fait juridique que les sommes dont la restitution est demandée constituaient un actif de la succession ne pouvant être établi que par production de documents ou de témoins, le cas échéant et selon le droit successoral applicable, il sera constaté que l'intervenante volontaire, qui se borne à faire contester et plaider le bien fondé du jugement sur les aspects pénaux qui concernent son père, n'a versé aucun document et doit être jugée comme non fondée en ses demandes.
15En se déterminant ainsi, la cour d'appel a méconnu les textes susvisés et les principes ci-dessus rappelés.
16D'une part, elle a énoncé que la culpabilité de [N] [C] était définitivement acquise, alors que la condamnation prononcée à l'encontre de ce dernier n'était pas définitive, et qu'en application des dispositions de l'article 6 du code de procédure pénale, l'extinction de l'action publique consécutive au décès de l'intéressé lui interdisait de retenir cette culpabilité.
17D'autre part, en prononçant ainsi, sans répondre aux conclusions de la requérante qui faisaient valoir que les sommes dont la confiscation avait été ordonnée par le tribunal correctionnel, et dont elle demandait la restitution, ne constituaient pas le produit des infractions qui étaient imputées à [N] [C], mais provenaient de revenus licites perçus par ce dernier au titre de ses prestations de conseil et de la vente d'oeuvres d'art, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision.
18La cassation est par conséquent encourue.