7Il résulte des articles 496, alinéa 2, et 497 du code de procédure civile que le juge qui a rendu l'ordonnance sur requête peut la rétracter ou la modifier.
8Il est jugé qu'il appartient au juge saisi d'une demande de nullité des mesures d'instruction exécutées sur le fondement d'une ordonnance sur requête qu'il rétracte, de constater la perte de fondement juridique de ces mesures et la nullité qui en découle (2e Civ., 5 janvier 2017, pourvoi n° 15-25.035, publié).
9Lorsque le juge, sans rétracter l'ordonnance sur requête, la modifie en restreignant la mission confiée au technicien, le prononcé de la mesure d'instruction, en elle-même, conserve son fondement juridique tiré de cette ordonnance ainsi modifiée.
10.Toutefois, l'exécution de la mesure ne pouvant être que conforme à l'ordonnance ainsi modifiée, qui se substitue à l'ordonnance sur requête initiale, le juge doit statuer sur les conséquences en résultant quant aux investigations déjà accomplies, afin que celles-ci entrent dans le champ et les limites de l'ordonnance.
11Après avoir relevé que la société Neovia justifiait d'un motif légitime et de la nécessité de déroger au principe de la contradiction et que l'ordonnance déférée à la cour d'appel ayant dit n'y avoir lieu à rétractation devait être confirmée, l'arrêt retient que la mission confiée par l'ordonnance sur requête au commissaire de justice doit être modifiée afin de circonscrire dans le temps les recherches et de les proportionner en considération des intérêts en présence.
12Il retient en substance que le commissaire de justice devra exclure des pièces saisies celles relevant des paragraphes de l'ordonnance initiale qui ont été modifiés, devra établir un document permettant l'identification précise des éléments appréhendés tels que prévus par l'arrêt, éléments qu'il remettra en main propre aux parties, à charge pour elles de saisir le président du tribunal de commerce pour la mise en oeuvre de la procédure visant à protéger leur propre secret des affaires, enfin devra séquestrer les pièces remises par la société Néovia et l'ensemble des éléments recueillis lors de ces opérations réalisées en exécution de l'ordonnance initiale et le cas échéant, les détruire à l'issue.
13C'est, dès lors, à bon droit que la cour d'appel, qui n'avait pas à constater la perte de fondement juridique des mesures d'instruction exécutées, et qui a tiré les conséquences, sur les mesures d'investigation déjà accomplies, de la modification de l'ordonnance initiale qu'elle avait décidée, a rejeté les demandes tendant à voir constater la perte de fondement juridique des procès-verbaux et opérations de constat déjà exécutés et la nullité en découlant.