Sur le troisième moyen
Réponse de la Cour
5Il n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
ECLI:FR:CCASS:2024:CR01531
La Cour rejette le pourvoi : la décision attaquée est maintenue
La requête en incident contentieux d'exécution non signée est irrecevable et ne saisit pas la juridiction lorsque le requérant ne comparaît pas à l'audience
Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.
1Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.
2Par arrêt du 2 novembre 2016 devenu définitif, la cour d'appel de Montpellier a déclaré Mme [L] [W], épouse [E], coupable d'infractions au code de l'urbanisme, l'a condamnée à une peine d'amende et a ordonné la remise en état des lieux sous astreinte.
3La démolition de l'immeuble n'ayant pas été réalisée, la direction régionale des finances publiques a, le 15 décembre 2021, émis un titre de perception d'un montant de 10 950 euros pour la période comprise entre le 7 septembre 2020 et le 6 septembre 2021, correspondant à la liquidation de l'astreinte, et a adressé à Mme [E] une mise en demeure valant commandement de payer.
4M. et Mme [E] ont saisi la cour d'appel d'une requête en incident contentieux d'exécution.
Réponse de la Cour
5Il n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
6Le premier moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a déclaré la cour d'appel incompétente pour connaître de la requête de Mme [E] en contestation de la mise en demeure émise à son encontre le 11 février 2022 par la DRFIP et a déclaré irrecevable la requête de Mme [E] en contestation du titre de perception émis à son encontre le 8 octobre 2021 par la DRFIP, alors « que le juge ne peut relever d'office un moyen de droit sans avoir invité au préalable les parties à présenter leurs observations ; qu'au cas où le prévenu n'est ni comparant, ni représenté, il appartient au juge qui retient la possibilité d'un moyen de droit jusqu'alors étranger aux débats de rendre une décision renvoyant l'affaire à une date ultérieure et invitant le prévenu à venir s'expliquer sur le moyen envisagé ; qu'en l'espèce, l'arrêt rendu par la cour d'appel de Montpellier le 3 mars 2023 constate d'abord l'absence de Mme [E] qui n'était pas représentée puis indique que « le président a mis dans le débat des questions d'irrecevabilité ou d'incompétence, tenant au fait que seule Mme [E] est concernée par cette affaire, que seul le juge de l'exécution peut statuer sur la régularité d'une mise en demeure, et que s'agissant du titre de perception une saisine préalable de la DDTM est obligatoire » (arrêt, p. 4) ; qu'en retenant à la suite les moyens de droit ainsi relevés d'office, sans avoir mis Mme [E] en mesure de se défendre sur chacun d'eux par un renvoi de l'affaire à une date ultérieure où elle aurait pu être présente ou représentée par un avocat, la cour d'appel a violé l'article préliminaire du code de procédure pénale et l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et de libertés fondamentales. »
7Le deuxième moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a déclaré la cour d'appel incompétente pour connaître de la requête de Mme [E] en contestation de la mise en demeure émise à son encontre le 11 février 2022 par la DRFIP Occitanie-DPT Haute-Garonne, alors « que la créance d'une commune en liquidation du produit d'une astreinte assortissant l'arrêt de la chambre correctionnelle d'une cour d'appel condamnant un prévenu à une amende pour infraction aux règles de l'urbanisme et lui ordonnant la démolition des ouvrages édifiés irrégulièrement, trouve son fondement dans la condamnation, pénale et civile, prononcée par la juridiction répressive, le contentieux du recouvrement de l'astreinte prononcée ressortissant ainsi aux juridictions répressives ; que le juge civil de l'exécution ne saurait ainsi connaître de litiges relatifs au recouvrement de l'astreinte prononcée par une juridiction répressive ; qu'en se déclarant néanmoins incompétente pour statuer sur la régularité de la mise en demeure émise à l'encontre de Mme [E] par la DRFIP, quand la contestation de cette mise en demeure relève du contentieux de l'astreinte et ressort nécessairement de la compétence du juge répressif qui l'a ordonnée, la cour d'appel a violé les articles 710 du code de procédure pénale et 480-7 du code de l'urbanisme par refus d'application, outre l'article L. 213-6 du code de l'organisation judiciaire. »
Réponse de la Cour
8Les moyens sont réunis.
9La demanderesse ne saurait se faire un grief des motifs par lesquels la cour d'appel a cru devoir statuer sur une requête dont elle n'était pas saisie, dès lors qu'elle constatait que cette requête n'était pas signée et que Mme [E], régulièrement convoquée, n'avait pas comparu.
10Ainsi, les moyens ne peuvent qu'être écartés.
11Par ailleurs, l'arrêt est régulier en la forme.
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