Sur les premier, deuxième, troisième, quatrième et huitième moyens
Réponse de la Cour
6Ils ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
ECLI:FR:CCASS:2023:CR01429
La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée
Réponse de la Cour Vu les articles 706-141-1 et 593 du code de procédure pénale : 8. Il se déduit du premier de ces textes que lorsque plusieurs auteurs ou complices ont participé à un ensemble de faits, soit à la totalité soit à une partie de ceux-ci, chacun d'eux encourt la confiscation du produit de la seule ou des seules infractions qui lui sont reprochées, avec ou non la circonstance de bande organisée, à la condition que la valeur totale des biens confisqués n'excède pas celle du produit total de cette ou de ces infractions. Le juge qui ordonne la saisie en valeur d'un bien appartenant ou étant à la libre disposition d'une personne, alors qu'il ne résulte pas des pièces de la pro
Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.
Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.
1Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.
2Sur la base d'un signalement de Tracfin du 24 février 2017, une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République.
3Au terme de l'enquête, M. [I] [F], gérant de droit de la société [4] et M. [S] [F], gérant de fait de ladite société, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, des chefs de travail dissimulé et abus de biens sociaux.
4Par jugement du 9 décembre 2020, le tribunal correctionnel a déclaré notamment M. [S] [F] coupable des faits reprochés, et l'a condamné, en particulier à une confiscation de deux biens immobiliers.
5M. [F] a relevé appel de cette décision. Le ministère public a interjeté appel incident.
Réponse de la Cour
6Ils ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
7Le septième moyen critique l'arrêt en ce qu'il a ordonné la confiscation des deux biens immobiliers saisis par ordonnance du juge des libertés et de la détention en date du 1er février 2019 et du 19 mars 2019 sis au [Adresse 1] et [Adresse 2] à [Localité 3] dont M. [S] [F] et son épouse sont propriétaires, alors :
« 4°/ que le montant d'une confiscation pénale en valeur ne doit pas excéder la valeur du bien susceptible de confiscation ; que lorsque plusieurs auteurs ou complices ont participé à un ensemble de faits, soit à la totalité soit à une partie de ceux-ci, chacun d'eux encourt la confiscation du produit de la seule ou des seules infractions qui lui sont reprochées, avec ou non la circonstance de bande organisée, à la condition que la valeur totale des biens confisqués n'excède pas celle du produit total de cette ou de ces infractions ; que si le moyen pris de la violation du principe de proportionnalité au regard du droit de propriété est inopérant lorsque la saisie a porté sur la valeur du produit direct ou indirect de l'infraction, le juge qui ordonne la saisie en valeur d'un bien appartenant ou étant à la libre disposition d'une personne, alors qu'il ne résulte pas des pièces de la procédure de présomptions qu'elle a bénéficié de la totalité du produit de l'infraction, doit cependant apprécier, lorsque cette garantie est invoquée, le caractère proportionné de l'atteinte portée au droit de propriété de l'intéressé s'agissant de la partie du produit de l'infraction dont elle n'aurait pas tiré profit ; que M. [S] [F] a fait valoir devant la cour que plusieurs auteurs avaient participé aux faits et qu'il n'avait pas bénéficié de la totalité du produit de l'infraction puisqu'il n'avait en réalité été bénéficiaire que de la somme de 14.793 euros ; qu'en retenant, pour confirmer la confiscation des deux appartements appartenant à M. [S] [F] pour une valeur globale de 222.000 euros, que cette confiscation lui paraissait proportionnée en raison des gains financiers réalisés par le prévenu, qu'elle s'inscrivait dans un équilibre global des sanctions puisqu'aucune peine d'amende n'était prononcée et qu'elle permettrait d'indemniser le cas échéant la partie civile sans rechercher si l'atteinte portée par la confiscation à son droit de propriété était proportionnée s'agissant de la partie du produit de l'infraction dont il n'a pas tiré profit, la cour d'appel a violé l'article 131-21 du code pénal. »
Réponse de la Cour
Vu les articles 706-141-1 et 593 du code de procédure pénale :
8Il se déduit du premier de ces textes que lorsque plusieurs auteurs ou complices ont participé à un ensemble de faits, soit à la totalité soit à une partie de ceux-ci, chacun d'eux encourt la confiscation du produit de la seule ou des seules infractions qui lui sont reprochées, avec ou non la circonstance de bande organisée, à la condition que la valeur totale des biens confisqués n'excède pas celle du produit total de cette ou de ces infractions. Le juge qui ordonne la saisie en valeur d'un bien appartenant ou étant à la libre disposition d'une personne, alors qu'il ne résulte pas des pièces de la procédure de présomptions qu'elle a bénéficié de la totalité du produit de l'infraction, doit cependant apprécier, lorsque cette garantie est invoquée, le caractère proportionné de l'atteinte portée au droit de propriété de l'intéressé s'agissant de la partie du produit de l'infraction dont elle n'aurait pas tiré profit.
9Selon le second, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux moyens péremptoires des conclusions des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.
10Pour ordonner la confiscation en valeur, à titre de produit de l'infraction, de deux biens détenus en commun par M. [F] et son épouse, l'arrêt attaqué, après avoir rappelé la gravité particulière des faits, la personnalité du prévenu et sa situation personnelle, énonce, notamment, que le montant des cotisations éludées s'élève a minima à 590 000 euros.
11Les juges retiennent qu'ont été saisis dans le cadre de la procédure deux appartements détenus directement par le prévenu et son épouse et que ces biens ont été évalués respectivement par France domaine à 112 000 et 100 000 euros.
12Ils rappellent que, sur la base du chiffre d'affaires de la société [4] durant la période envisagée, du nombre de chèques émis et du nombre probable de salariés, les premiers juges ont estimé
à 980 000 euros la masse salariale non déclarée, soit à près de 549 290 euros le montant des droits éludés, correspondant au produit de l'infraction de travail dissimulé, ce qui excède la valeur des confiscations.
13Ils concluent que la confiscation en valeur de ces deux appartements paraît proportionnée en raison des gains financiers réalisés par le prévenu, cette confiscation s'inscrivant dans un équilibre global des sanctions puisqu'aucune peine d'amende n'est prononcée.
14En se déterminant ainsi, sans rechercher si l'atteinte portée par la confiscation à son droit de propriété était proportionnée, s'agissant de la partie du produit de l'infraction dont le prévenu n'a pas tiré profit alors qu'il faisait valoir dans ses conclusions que plusieurs auteurs avaient participé aux faits et qu'il n'avait pas bénéficié de la totalité du produit de l'infraction, la cour d'appel n'a pas justifié sa décision.
15La cassation est par conséquent encourue de ce chef, sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs.
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