Vu les articles 332, 552, 554 et 555 du code de procédure civile :
11L'article 332 du code de procédure civile, qui permet au juge « d'inviter les parties à mettre en cause tous les intéressés dont la présence lui paraît nécessaire à la solution du litige », est inséré dans le chapitre 2, relatif à l'intervention forcée, du titre neuvième du livre premier, instituant des dispositions communes à toutes les juridictions, du code de procédure civile.
12Il résulte de la combinaison des articles 554 et 555 du code de procédure civile que l'intervention forcée en cause d'appel ne peut être formée qu'à l'encontre des personnes qui n'ont été ni parties ni représentées en première instance ou qui y ont figuré en une autre qualité.
13Par conséquent, une cour d'appel qui écarte l'application des dispositions de l'article 552 du code de procédure civile en raison de l'absence d'indivisibilité entre les parties, ne peut, sur le fondement de l'article 332 du même code, ni inviter l'appelant ni lui ordonner de mettre en cause une personne, partie en première instance, qui n'a pas été intimée.
14Pour déclarer recevables l'assignation en intervention forcée de la société Essi Jade et les demandes dirigées contre celle-ci, l'arrêt retient que s'il résulte de la combinaison des articles 331, 554 et 555 du code de procédure civile qu'une partie ne peut pas appeler en cause d'appel par voie d'intervention forcée une personne qui était partie en première instance, en revanche la cour d'appel en application de l'article 332 du même code dispose du pouvoir d'inviter les parties à mettre en cause tous les intéressés dont la présence lui paraît nécessaire à la solution du litige, le terme « intéressés » ne visant pas seulement les tiers mais également les personnes qui étaient parties en première instance.
15En statuant ainsi, alors qu'elle avait écarté l'application des dispositions de l'article 552 du code de procédure civile en raison de l'absence d'indivisibilité entre les parties, et qu'elle constatait que la société Essi Jade, assignée en intervention forcée, était partie au procès en première instance, la cour d'appel a violé les textes susvisés.