Ce que soutenait le demandeur
5Le moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a rejeté les moyens de nullité, et confirmé l'ordonnance du juge des libertés et de la détention en date du 18 juin 2026 prolongeant la détention provisoire, alors :
« 1°/ que tout mis en examen ne comprenant pas la langue française a le droit, s'il en fait la demande, de se faire assister gratuitement d'un interprète pour s'entretenir, dans une langue qu'il comprend, avec l'avocat commis ou choisi pour préparer, en temps utile, le débat contradictoire relatif à la prolongation de sa détention ; qu'en rejetant le moyen de nullité du débat contradictoire du 18 juin 2026 devant le juge des libertés et de la détention tiré de ce que M. [B] n'avait pas pu s'entretenir avec son avocat assisté d'un interprète en langue anglaise avant la tenue de ce débat, faute d'assistance gratuite de l'interprète, au seul motif qu'un interprète en langue anglaise avait été requis à ce titre par acte du 15 juin 2016 pour assister Me Bassolé lors de son entretien avec M. [B] au centre pénitentiaire de Seine Saint-Denis de sorte que le droit à l'assistance d'un interprète de M. [B] avait été respecté, la chambre de l'instruction a violé les articles 6 § 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, préliminaire, D. 594-3 et 593 du code de procédure pénale. »
Réponse de la Cour
Vu les articles 6, § 3, de la Convention européenne des droits de l'homme et préliminaire, alinéa 7, du code de procédure pénale :
6Il résulte de ces textes que, si la personne suspectée ou poursuivie ne comprend pas la langue française, elle a droit, dans une langue qu'elle comprend et jusqu'au terme de la procédure, à l'assistance gratuite d'un interprète, y compris pour les entretiens avec son avocat ayant un lien direct avec tout interrogatoire ou toute audience.
7Pour rejeter l'exception de nullité du débat contradictoire prise de ce que, ne parlant ni ne comprenant la langue de son client, de nationalité nigériane, l'avocat de M. [B] n'a pu s'entretenir avec lui avant le débat contradictoire, faute d'avoir obtenu que lui soit adjoint gratuitement un interprète, l'arrêt attaqué énonce notamment qu'un interprète en langue anglaise était présent lors dudit débat contradictoire.
8Les juges ajoutent qu'un interprète avait également été requis par le juge d'instruction pour assister l'avocat de M. [B] lors de son entretien avec ce dernier au centre pénitentiaire.
9Ils en concluent que son droit à l'assistance d'un interprète a ainsi été respecté.
10En statuant ainsi, la chambre de l'instruction a méconnu les textes susvisés et le principe ci-dessus rappelé.
11En effet, il résulte des pièces de la procédure, dont la Cour de cassation a le contrôle, qu'en raison d'une indication erronée du greffe du juge d'instruction sur l'absence de prise en charge par l'Etat au titre des frais de justice des frais d'interprétariat, l'avocat du demandeur n'a pu s'entretenir, en présence d'un interprète, avec son client au centre pénitentiaire dans des conditions lui permettant de préparer utilement sa défense devant le juge des libertés et de la détention.
12La cassation est par conséquent encourue de ce chef, sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs.