Ce que soutenait le demandeur
5Le maître d'oeuvre fait grief à l'arrêt de déclarer irrecevable sa demande de condamnation du vendeur d'immeuble en l'état futur d'achèvement à lui payer une certaine somme, alors « que la demande reconventionnelle peut procéder d'une obligation distincte de celle dont procède la demande principale ; qu'en l'espèce, assignée par des acquéreurs d'un bien en paiement de diverses sommes, la SCI Foch 49 a appelé la société Exquisse, maître d'oeuvre, en garantie des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ; que sur ce recours en garantie fondé sur le contrat de maîtrise d'uvre, la société Exquisse a présenté une demande reconventionnelle en paiement du solde de ses honoraires dus en exécution du même contrat ; que pour juger irrecevable cette demande reconventionnelle, la cour d'appel a retenu qu'elle « ne se rattache pas par un lien suffisant s'agissant d'une demande procédant d'une obligation distincte des prétentions originaires de la SCI Foch 49 constituant un appel en garantie des éventuelles condamnations prononcées à son encontre au profit des époux [U] » ; qu'en statuant par ce motif, la cour d'appel a violé l'article 70 du code de procédure civile. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 70, alinéa 1er, du code de procédure civile :
6Aux termes de ce texte, les demandes reconventionnelles ou additionnelles ne sont recevables que si elles se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.
7Pour déclarer irrecevable la demande reconventionnelle du maître d'oeuvre, l'arrêt retient que cette demande tendant au règlement, par le vendeur, de ses honoraires ne se rattache pas par un lien suffisant aux prétentions de ce dernier, qui forme un appel en garantie des éventuelles condamnations prononcées à son encontre au profit des acquéreurs, dès lors qu'il s'agit d'une demande procédant d'une obligation distincte.
8En statuant ainsi, en ajoutant à la loi une condition qu'elle ne prévoyait pas et dont elle a exclusivement déduit l'absence de lien suffisant entre la demande reconventionnelle du maître d'oeuvre en paiement d'un solde d'honoraires et les demandes en garantie formées contre lui par le vendeur, lesquelles procédaient d'un même contrat, la cour d'appel a violé le texte susvisé.