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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre criminelle (Formation restreinte), 23 septembre 2025, n° 25-84.390

ECLI:FR:CCASS:2025:CR01334

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour 8. Les moyens sont réunis. Vu l'article 593 du code de procédure pénale : 9. Tout arrêt de la chambre de l'instruction doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux articulations essentielles des mémoires des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence. 10. Pour rejeter la demande de mise en liberté, l'arrêt attaqué, après avoir évoqué les charges justifiant la mise en accusation, énonce chacun des critères de l'article 144 du code de procédure pénale qu'il retient, en procédant à une analyse concrète des éléments factuels de la situation personnelle, familiale et professionnelle de l'accusé. 11.

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Articles du code de procédure pénale visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces soumises à l'examen de la Cour de cassation ce qui suit.

2Mis en examen du chef de viol et viol aggravé, M. [E] [X] a été placé en détention provisoire le 13 mai 2022.

3Il a été mis en accusation devant la cour criminelle départementale des chefs de viol et viol accompagné d'acte de barbarie, par arrêt du 24 avril 2025.

4M. [X] a saisi la chambre de l'instruction d'une demande de mise en liberté.

5Par ordonnance du 15 septembre 2025, le premier président de la Cour de cassation a rejeté la requête de M. [X] tendant à se voir autoriser à s'inscrire en faux contre certaines mentions de l'arrêt attaqué.

La question examinée par la Cour

Sur le moyen du mémoire ampliatif et le premier moyen du mémoire personnel

Ce que soutenait le demandeur

6Le moyen du mémoire ampliatif critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a, au fond, dit la demande de mise en liberté formée par M. [X] mal fondée et l'a rejetée, alors « que d'une part, toute personne détenue a le droit d'être jugée dans un délai raisonnable ou libérée durant la procédure et, d'autre part, que tout arrêt doit contenir les motifs propres à justifier sa décision, que l'insuffisance ou la contradiction de motifs équivaut à leur absence ; qu'au cas d'espèce, le conseil de l'exposant a régulièrement présenté un moyen, au soutien de sa demande d'élargissement, par lequel il a fait valoir que la mesure de détention provisoire subie par Monsieur [X] depuis plus de trois ans avait excédé une durée raisonnable ; qu'en rejetant sa demande de mise en liberté, sans répondre à cette articulation essentielle du mémoire de la défense, la Chambre de l'instruction a privé sa décision de motifs en violation des articles 5, §3, 6, §1, de la Convention européenne des droits de l'Homme, 144-1, 591 et 593 du Code de procédure pénale. »

7Le premier moyen du mémoire personnel, pris de la violation des articles 5, 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et 593 du code de procédure pénale, reproche à l'arrêt attaqué de ne pas avoir répondu au grief tiré de ce que la détention provisoire excède un délai raisonnable.

Réponse de la Cour

8Les moyens sont réunis.

Vu l'article 593 du code de procédure pénale :

9Tout arrêt de la chambre de l'instruction doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux articulations essentielles des mémoires des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.

10Pour rejeter la demande de mise en liberté, l'arrêt attaqué, après avoir évoqué les charges justifiant la mise en accusation, énonce chacun des critères de l'article 144 du code de procédure pénale qu'il retient, en procédant à une analyse concrète des éléments factuels de la situation personnelle, familiale et professionnelle de l'accusé.

11Les juges en déduisent le caractère insuffisant d'une mesure de contrôle judiciaire ou d'assignation à résidence.

12En se déterminant ainsi, sans répondre au mémoire par lequel l'accusé faisait valoir que sa détention provisoire excédait une durée raisonnable, la chambre de l'instruction n'a pas justifié sa décision.

13La cassation est, par conséquent, encourue.

La décision

  • moyens de cassation proposés par le mémoire personnel :
  • CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans, en date du 12 juin 2025 ;
  • DIT n'y avoir lieu à mise en liberté ;
  • Et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi,
  • RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bourges, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
  • ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Orléans et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;

Suivre l'article 593 du code de procédure pénale

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