Sur le premier moyen
Ce que soutenait le demandeur
4M. [V] fait grief à l'arrêt de rejeter sa demande tendant à voir déclarer le juge aux affaires familiales incompétent pour statuer sur la demande en paiement de la somme de 155 337 euros formée à son encontre par Mme [C], alors :
« 1°/ que dans le dispositif de son assignation, Mme [C] demandait au tribunal de ''condamner Monsieur [I] [V] à [lui] payer la somme de 155.337 euros au titre du bien propre constitué par les gains du loto en date du 24 décembre 2014'' ; qu'en retenant néanmoins, pour déclarer le juge aux affaires familiales compétent, que la requérante voyait dans cette somme une créance qu'elle pouvait réclamer à l'indivision, la cour d'appel a dénaturé les termes du litige et ainsi violé l'article 4 du code de procédure civile ;
2°/ que, subsidiairement, le juge qui se prononce sur la compétence doit trancher la question de fond dont dépend cette compétence ; qu'en s'en tenant néanmoins au constat, pour déclarer le juge aux affaires familiales compétent, que Mme [C] voyait dans la somme de 155 337 euros une créance qu'elle pouvait réclamer à l'indivision et que M. [V] la contestait, la cour d'appel, qui s'est abstenue de trancher la question de fond dont dépendait la compétence, a violé les articles 12 et 79 du code de procédure civile et l'article L. 213-3 du code de l'organisation judiciaire ;
3°/ que, en tout état de cause, une indivision ne peut être tenue pour débitrice d'une créance, née avant elle, liée à l'acquisition du bien indivis ; qu'en retenant néanmoins, pour dire que la demande en paiement de la somme de 155 337 euros s'analysait en une créance réclamée par Mme [C] sur l'indivision et déclarer en conséquence le juge aux affaires familiales compétent pour en connaître, qu'elle arguait que les fonds apportés par chacun pour l'acquisition du bien immobilier provenaient de son gain du loto, la cour d'appel a violé les articles 815-13 du code civil et L. 213-3 du code de l'organisation judiciaire ;
4°/ qu'en retenant également, pour statuer comme elle l'a fait, que le litige devait d'autant plus être examiné dans le cadre de la saisine du juge aux affaires familiales sur la liquidation de l'indivision que celui-ci devrait statuer sur d'éventuelles récompenses dues par l'indivision en raison du financement de l'immeuble indivis survenu pendant la période de concubinage qui s'est fait notamment au moyen d'apports respectifs de la part des parties, la cour d'appel a violé les articles 815-13 du code civil et L. 213-3 du code de l'organisation judiciaire. »
Réponse de la Cour
5Aux termes de l'article L. 213-3 du code de l'organisation judiciaire, le juge aux affaires familiales connaît de la liquidation et du partage des intérêts patrimoniaux des concubins.
6Les intérêts patrimoniaux des concubins s'entendent de tous leurs rapports pécuniaires.
7La cour d'appel a constaté qu'un différend opposait Mme [C] et M. [V] sur la propriété d'un gain au loto d'un montant de 155 337 euros, réalisé en décembre 2014, et sur l'utilisation de cette somme pour l'acquisition du bien indivis.
8Il en résulte que le juge aux affaires familiales était matériellement compétent pour connaître de ce différend qui entrait dans le règlement et le partage de leurs intérêts patrimoniaux.
9Par ce motif de pur droit, substitué à ceux critiqués, dans les conditions prévues par les articles 620, alinéa 1er, et 1015 du code de procédure civile, l'arrêt se trouve légalement justifié de ce chef.