Vu les articles L. 1132-1, L. 1134-1 et L. 2141-5 du code du travail :
13En application de ces textes, lorsque le salarié présente des éléments de fait constituant selon lui une discrimination directe ou indirecte, il appartient au juge d'apprécier si ces éléments dans leur ensemble laissent supposer l'existence d'une telle discrimination et, dans l'affirmative, il incombe à l'employeur de prouver que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
14Pour rejeter les demandes du salarié tendant à son repositionnement et au paiement d'une indemnité en réparation du préjudice salarial lié à la discrimination, l'arrêt énonce que le salarié souligne que depuis juin 1998, malgré les changements de dénomination de l'emploi, il occupe le même emploi « professionnel logistique ajusteur » classifié en B1 coefficient 202 et il reproche à l'employeur de ne lui avoir jamais proposé ni formation qualifiante ni entretien professionnel. Il précise que le salarié produit un panel de salariés ayant été embauchés de 1990 à 1992 et revendique une classification équivalente à la médiane de ces salariés.
15L'arrêt ajoute que si le salarié justifie avoir postulé à de nombreux emplois sans avoir été sélectionné, il ne produit pas d'éléments de nature à comparer sa situation avec d'autres salariés qui auraient obtenu les promotions qu'ils sollicitaient.
16L'arrêt conclut que les éléments présentés par le salarié ne permettent pas de faire présumer d'une inégalité dans le traitement de l'évolution de sa carrière au sein de la société.
17En statuant ainsi, alors que l'existence d'une discrimination n'implique pas nécessairement une comparaison avec la situation d'autres salariés, qu'il résultait de ses constatations que le salarié n'avait connu aucune évolution de carrière depuis 1998, n'était pas positionné sur la médiane des autres salariés engagés en même temps que lui et n'avait vu retenir aucune de ses candidatures à d'autres emplois et que dans ses conclusions l'intéressé faisait valoir que cette stagnation participait de la discrimination syndicale dont il souffrait, ce dont il résultait qu'il avait présenté des éléments de fait laissant supposer l'existence d'une discrimination et qu'il appartenait à l'employeur d'établir que ses décisions étaient justifiées par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination, la cour d'appel a violé les textes susvisés.