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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre sociale (Formation restreinte), 11 septembre 2024, n° 22-23.130

ECLI:FR:CCASS:2024:SO00842

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour Vu les articles 114 et 117 du code de procédure civile : 4. Il résulte de ces textes que, dans un acte de procédure, l'erreur relative à la dénomination d'une partie n'affecte pas la capacité à ester en justice qui est attachée à la personne, quelle que soit sa désignation, et ne constitue qu'un vice de forme, lequel ne peut entraîner la nullité de l'acte que sur justification d'un grief. 5. Pour annuler la déclaration d'appel formée le 7 juillet 2017, l'arrêt retient qu'elle vise en tant qu'intimée l'association Besse accueil alors qu'à cette date cette personne morale n'avait pas d'existence légale. 6. En statuant ainsi, alors que la désignation dans la décla

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Articles du code de procédure civile visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 20 novembre 2020), Mme [H] a été engagée en qualité d'aide soignante, à compter du 29 juillet 2009, par l'association Besse accueil aux droits de laquelle vient la maison de retraire L'Escandihado.

2Licenciée pour inaptitude et impossibilité de reclassement par lettre du 6 janvier 2015, elle a saisi la juridiction prud'homale de demandes au titre de l'exécution et de la rupture de son contrat de travail.

La question examinée par la Cour

Sur le premier moyen, pris en sa troisième branche

Ce que soutenait le demandeur

3La salariée fait grief à l'arrêt de dire nulle la déclaration d'appel du 7 juillet 2017, alors « que dans un acte de procédure, l'erreur relative à la dénomination d'une partie n'affecte pas la capacité à ester en justice qui est attachée à la personne, quelle que soit sa désignation, et ne constitue qu'un vice de forme lequel ne peut entraîner la nullité de l'acte que sur justification d'un grief ; qu'en énonçant que la déclaration d'appel qui vise en qualité d'intimé, l'association Besse accueil serait entachée d'une nullité de fond qui n'est pas susceptible d'être couverte par la remise des conclusions de la maison de retraite publique L'Escandihado venant aux droits de l'association Besse accueil, quand la mention dans la déclaration d'appel du 7 juillet 2017, de l'association Besse accueil" au lieu de la maison de retraite publique L'Escandihado venant aux droits de l'association Besse accueil" constituait une erreur relative à la dénomination de l'intimée laquelle n'avait emporté aucun grief dès lors que la maison de retraite publique L'Escandihado venant aux droits de l'association Besse accueil, avait conclu devant la cour d'appel en relevant appel incident du jugement, la cour d'appel a violé les articles 114 et 117 du code de procédure civile. »

Réponse de la Cour

Vu les articles 114 et 117 du code de procédure civile :

4Il résulte de ces textes que, dans un acte de procédure, l'erreur relative à la dénomination d'une partie n'affecte pas la capacité à ester en justice qui est attachée à la personne, quelle que soit sa désignation, et ne constitue qu'un vice de forme, lequel ne peut entraîner la nullité de l'acte que sur justification d'un grief.

5Pour annuler la déclaration d'appel formée le 7 juillet 2017, l'arrêt retient qu'elle vise en tant qu'intimée l'association Besse accueil alors qu'à cette date cette personne morale n'avait pas d'existence légale.

6En statuant ainsi, alors que la désignation dans la déclaration d'appel de l'intimée sous la dénomination d'une personne morale inexistante, qui s'analysait, en réalité, en une erreur de dénomination ayant pour origine une erreur matérielle affectant le jugement, et alors qu'aucun doute n'était possible quant à l'identité de l'intimée qui ne subissait aucun grief, ne constituait qu'un vice de forme et non une irrégularité de fond, la cour d'appel a violé les textes susvisés.

La décision

  • CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 20 novembre 2020, entre les parties, par la cour d'appel d'Aix-en-Provence ;
  • Remet l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence autrement composée ;
  • Condamne la maison de retraite L'Escandihado aux dépens ;
  • En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la maison de retraite L'Escandihado et la condamne à payer à Mme [H] la somme de 3 000 euros ;
  • Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

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