Sur le moyen, pris en sa première branche
Ce que soutenait le demandeur
8L'administration des douanes et droits indirects, la directrice générale des douanes et droits indirects, la direction régionale des douanes et droits indirects du [Localité 6] et le chef du service régional de recouvrement de la direction régionale des douanes et droits indirects du [Localité 6] font grief à l'arrêt de dire n'y avoir lieu à condamnation des sociétés Bolloré Logistics, Phillips Auctioneers Llc et US Consulting Associates, devenue US Artcrina Llc [D], à lui payer la somme de 93 500 euros et d'annuler le procès-verbal de notification de redressement du 11 avril 2016, l'AMR du 5 août 2016 et la décision du 5 mai 2017 par laquelle a été rejetée la contestation de la société Bolloré Logistics, alors « qu'en affirmant que l'administration des douanes n'aurait réclamé à la société Bolloré Logistics une créance de taxe sur la valeur ajoutée qu'au titre de la vente de la sculpture litigieuse survenue en juillet 2015, de sorte qu'il lui appartenait d'établir que cette vente donnait lieu à exigibilité de la TVA, quand les services douaniers avaient fait valoir dans leurs conclusions que le fait générateur de la TVA qu'ils avaient réclamée à la société Bolloré Logistics résidait, non pas dans la vente de l'oeuvre d'art en cause, mais dans sa soustraction à la surveillance douanière résultant du défaut de respect des obligations inhérentes au régime de perfectionnement actif sous lequel cette oeuvre avait été placée qui avait été caractérisé dès le moment où elle avait été déplacée en mars 2015 hors des locaux de la société L'Aéro où elle devait demeurer afin que l'administration des douanes puisse la contrôler, la cour d'appel a dénaturé les termes du litige en violation des articles 4 et 5 du code de procédure civile. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 4 du code de procédure civile :
9Selon ce texte, l'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties.
10Pour annuler le procès-verbal de notification d'infraction, l'AMR et la décision de rejet, l'arrêt retient que l'administration des douanes n'a réclamé à la société Bolloré Logistics une créance de TVA qu'au titre de la vente de la sculpture survenue en juillet 2015.
11En statuant ainsi, alors que l'administration des douanes soutenait, dans ses conclusions d'appel, que le fait générateur de la TVA réclamée à la société Bolloré Logistics résidait, non pas dans la vente de la sculpture en cause, mais dans sa soustraction à la surveillance douanière résultant du défaut de respect des obligations inhérentes au régime de perfectionnement actif sous lequel cette sculpture avait été placée, défaut qui avait été caractérisé dès le moment où la sculpture avait été déplacée en mars 2015 hors des locaux de la société L'Aéro où elle devait demeurer afin que l'administration des douanes puisse la contrôler, la cour d'appel, qui a modifié l'objet du litige, a violé le texte susvisé.