Sur le moyen, pris en sa seconde branche
Réponse de la Cour
6Le grief n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
ECLI:FR:CCASS:2023:CR00997
La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée
Réponse de la Cour Vu les articles 434-23 du code pénal et 593 du code de procédure pénale : 8. Il résulte du premier de ces textes que le délit de prise du nom d'un tiers n'est constitué qu'autant que la fausse identité est susceptible de déterminer des poursuites pénales à l'encontre de tiers réellement existants. 9. Selon le second, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence. 10. Pour déclarer le prévenu coupable de prise du nom d'un tiers, l'arrêt attaqué énonce que la filiation établie pour M. [U] [T] est certaine, mais qu'elle correspond à un dossier militaire qui co
Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.
Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.
1Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.
2Une personne, déjà condamnée pour des faits identiques, a ouvert un bar-restaurant et encaissé un chèque sous l'identité usurpée de [U], [E] [T].
3Cette personne se disant [U] [T] a été poursuivie devant le tribunal correctionnel pour prise du nom d'un tiers dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales, et usage d'un document administratif falsifié, en l'espèce une carte d'identité.
4Par jugement du 11 mars 2021, il a été déclaré coupable de ces délits, et condamné à cinq mois d'emprisonnement avec sursis probatoire, 1 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, ainsi qu'à 500 euros d'amende et une mesure de confiscation pour le délit d'usage de faux.
5Le prévenu et le ministère public ont fait appel de cette décision.
Réponse de la Cour
6Le grief n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
7Le moyen critique l'arrêt attaqué en ce qu'il a confirmé le jugement en ce qu'il a déclaré M. [U] [T] coupable de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui, alors :
« 1°/ que le délit de prise du nom d'un tiers n'est constitué qu'autant que la fausse identité est susceptible de déterminer des poursuites pénales à l'encontre de tiers réellement existants ; qu'en se bornant à relever, pour déclarer l'exposant coupable, que la filiation de [U] [T] est certaine, que les empreintes et la photographie de celui-ci ne correspondent pas à X se disant [U] [T] et que les déclarations de celui-ci ont été imprécises, incomplètes ou mensongères, sans jamais caractériser que la prise du nom de ce tiers aurait pu déterminer des poursuites pénales à l'encontre de celui-ci, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des articles 434-23 code pénal, 591 et 593 du code de procédure pénale. »
Réponse de la Cour
Vu les articles 434-23 du code pénal et 593 du code de procédure pénale :
8Il résulte du premier de ces textes que le délit de prise du nom d'un tiers n'est constitué qu'autant que la fausse identité est susceptible de déterminer des poursuites pénales à l'encontre de tiers réellement existants.
9Selon le second, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.
10Pour déclarer le prévenu coupable de prise du nom d'un tiers, l'arrêt attaqué énonce que la filiation établie pour M. [U] [T] est certaine, mais qu'elle correspond à un dossier militaire qui contient notamment des empreintes et une photographie, qui ne sont pas celles de X se disant [U] [T].
11Les juges ajoutent que les déclarations de X se disant [U] [T] ont été imprécises et incomplètes, ou mensongères lorsqu'il a été mis face à ses contradictions, et que son demi-frère supposé ne le reconnaît pas.
12En se déterminant ainsi, sans rechercher si les agissements du prévenu étaient susceptibles de déterminer des poursuites pénales à l'encontre de tiers réellement existants, notamment M. [U] [T], la cour d'appel n'a pas justifié sa décision.
13D'où il suit que la cassation est encourue de ce chef.
Réponse de la Cour
14La cassation à intervenir ne concerne que les dispositions relatives à la culpabilité du chef de prise du nom d'un tiers dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu déterminer contre celui-ci des poursuites pénales, ainsi qu'aux peines de cinq mois d'emprisonnement avec sursis et de confiscation prononcées pour ce délit. Les autres dispositions seront donc maintenues.
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