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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre criminelle (Formation restreinte), 15 février 2022, n° 21-82.344

ECLI:FR:CCASS:2022:CR00186

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour Vu l'article 593 du code de procédure pénale : 8. Tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence. 9. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure que l'avocat du prévenu a déposé devant les juges d'appel des conclusions dont les notes d'audience signées par le président et le greffier font état, qui sollicitaient, pour « étoffer et élargir le spectre de la demande » et sur le fondement de l'article 78-2-1 du code de procédure pénale, la nullité du contrôle CODAF non seulement au titre d

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Articles du code de procédure pénale visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure ce qui suit.

2Par suite de la dénonciation de faits de travail irrégulier au sein du salon de coiffure « Magic coiffure », un contrôle du comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) a été réalisé le 16 mars 2017 au sein de cet établissement, dont M. [D] [Z] était le gérant associé.

3M. [Z] a notamment été cité devant le tribunal correctionnel des chefs de travail dissimulé, ainsi que d'emploi d'étranger sans autorisation de travail.

4Par jugement du 8 octobre 2019, le tribunal a rejeté les exceptions de nullité soulevées par le prévenu et l'a déclaré coupable des faits reprochés. Il l'a condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et a prononcé sur les intérêts civils.

5M. [Z] a relevé appel de cette décision.

La question examinée par la Cour

Sur le premier moyen

Ce que soutenait le demandeur

7M. [D] [Z] fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir omis de prononcer sur les exceptions de nullité qu'il avait soulevées en cause d'appel invoquées dans les conclusions de nullité régulièrement déposées par le prévenu au greffe de la cour d'appel de Reims, le 16 février 2021 « alors que tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties ; qu'il résulte des pièces de la procédure que le demandeur, M. [Z], prévenu, a régulièrement déposé des conclusions de nullité au greffe de la cour d'appel de Reims le 16 février 2021 à la suite de l'appel par lui formé du jugement du tribunal correctionnel de Troyes du 8 octobre 2019 ; qu'en ne visant pas ces conclusions de nullité dont il n'est fait aucune mention et auxquelles il n'a pas été répondu, la cour d'appel a violé les articles 591 et 593 du code de procédure pénale.»

Réponse de la Cour

Vu l'article 593 du code de procédure pénale :

8Tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties. L'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence.

9Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces de procédure que l'avocat du prévenu a déposé devant les juges d'appel des conclusions dont les notes d'audience signées par le président et le greffier font état, qui sollicitaient, pour « étoffer et élargir le spectre de la demande » et sur le fondement de l'article 78-2-1 du code de procédure pénale, la nullité du contrôle CODAF non seulement au titre de la violation des droits de la défense, mais également au titre de l'absence de constatation par les agents de contrôle d'une activité au sein du salon de coiffure.

10En ne répondant pas aux moyens péremptoires des conclusions du prévenu, la cour d'appel a méconnu le texte susvisé et le principe ci-dessus rappelé.

11La cassation est encourue de ce chef.

La décision

  • CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel de Reims, en date du 16 mars 2021, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi ;
  • RENVOIE la cause et les parties devant la cour d'appel de Paris, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ;
  • DIT n'y avoir lieu à application de l'article 618-1 du code de procédure pénale ;
  • ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la cour d'appel de Reims, et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ;

Suivre l'article 593 du code de procédure pénale

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