Sur le premier moyen, pris en sa seconde branche
Ce que soutenait le demandeur
4La SCI fait grief à l'arrêt de déclarer M. [B] recevable en son action, alors « que nul ne plaide par procureur ; qu'en jugeant recevable l'action de M. [B] tendant à faire cesser l'exécution de travaux sur le terrain dont la société M & N Investissement est propriétaire, au motif inopérant qu'il en est associé à hauteur de 50 %, sans caractériser en quoi ces travaux lui causeraient personnellement un trouble distinct de celui éventuellement subi par la société, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des articles 31 et 32 du code de procédure civile, ensemble le principe selon lequel nul ne plaide par procureur. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 31 du code de procédure civile :
5Aux termes de ce texte, l'action est ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou au rejet d'une prétention, sous réserve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d'agir aux seules personnes qu'elle qualifie pour élever ou combattre une prétention, ou pour défendre un intérêt déterminé.
6Pour déclarer M. [B] recevable à agir pour faire cesser les travaux exécutés par la SCI sur le bien dont la société M&N investissement est propriétaire, l'arrêt retient qu'il est associé de cette société dont il détient la moitié des parts, et qu'à ce titre, il a un intérêt à agir afin de préserver ses droits.
7En statuant ainsi, par des motifs impropres à caractériser un intérêt personnel de M. [B], distinct de celui de la personne morale, la cour d'appel a violé le texte susvisé.