Vu les articles 696-15 du code de procédure pénale et 8 du traité d'extradition entre la France et les États-Unis d'Amérique signé le 23 avril 1996 :
22Selon le premier de ces textes, l'arrêt d'une chambre de l'instruction statuant en matière d' extradition doit répondre, en la forme, aux conditions essentielles de son existence légale.
23Au terme du second, l'extradition n'est pas accordée lorsque la personne réclamée a fait l'objet dans l'Etat requis d'un jugement d'acquittement ou de condamnation ayant acquis un caractère définitif, pour l'infraction à raison de laquelle l'extradition est demandée.
24Pour écarter le moyen pris de la violation du principe ne bis in idem, l'arrêt attaqué énonce que l'autorité de la chose jugée ne peut se déduire des seules pièces incomplètes transmises par la défense.
25Les juges retiennent que la demande d'extradition apparaît, à la lecture du descriptif fait par la défense des poursuites réalisées en France à l'encontre de M. [G], des pièces transmises et des références faites dans les pièces d'extradition à la procédure française, et de la mention de condamnation figurant sur la fiche pénale de l'intéressé, comme visant des infractions distinctes par leur nature et leur qualification.
26Ils ajoutent qu'il n'est pas établi que la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, qui n'avait pas vocation à intervenir sur le champ d'actes de terrorisme relevant de la compétence du pôle anti-terroriste, aurait pu valablement être saisie ou se saisir de faits relevant de la qualification d'association de malfaiteurs à caractère terroriste, lesquels nécessitent la caractérisation d'éléments constitutifs spécifiques.
27En se déterminant ainsi, la chambre de l'instruction a méconnu les textes susvisés et les principes ci-dessus rappelés.
28En effet, alors que M. [G] se prévalait d'une violation du principe ne bis in idem sur la base d'éléments suffisamment précis et sérieux, il lui appartenait de vérifier, au besoin d'office et en procédant à des investigations complémentaires, que les faits pour lesquels M. [G] a été définitivement condamné en France n'étaient pas identiques à ceux pour lesquels son extradition est réclamée.
29La cassation est par conséquent encourue de ce chef.