Sur le moyen, pris en sa première branche
Ce que soutenait le demandeur
7La SCP notariale fait grief à l'arrêt de la condamner à payer à l'acquéreur la somme de 199 573 euros à titre de dommages-intérêts, alors « que le juge ne peut méconnaître les termes du litige ; que l'acquéreur ne soutenait pas, devant la cour d'appel, qu'il avait subi un préjudice consistant dans l'impossibilité de placer les sommes qu'il avait versées en remboursement du capital emprunté, mais dans l'immobilisation du capital que la banque lui avait prêté et que, prétendait-il, il aurait pu investir autrement ; qu'en retenant que l'emprunteur aurait subi un préjudice consistant dans l'impossibilité de placer les sommes versées en remboursement du capital emprunté, la cour d'appel a méconnu les termes du litige et violé l'article 4 du code de procédure civile. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 4 du code de procédure civile :
8Selon ce texte, l'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties.
9Pour condamner la SCP notariale à payer des dommages-intérêts à l'acquéreur, après avoir fixé la perte de chance par lui éprouvée à 60 %, l'arrêt retient qu'il a subi un préjudice notamment constitué par l'impossibilité de placer les sommes versées à la banque en remboursement du prêt, qu'un taux de 2 % l'an sera retenu et calculé sur la durée du prêt et qu'au regard du montant versé à la banque, la somme de 119 141 euros doit être prise en compte à ce titre.
10En statuant ainsi, alors que, dans ses conclusions d'appel l'acquéreur soutenait qu'il avait subi un préjudice lié à l'immobilisation des sommes prêtées en 2004, s'élevant à 309 580 euros, et ne se fondait pas sur les sommes remboursées en 2016 à la banque, à hauteur de 285 878,78 euros la cour d'appel, qui a modifié l'objet du litige, a violé le texte susvisé.