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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre commerciale (Formation restreinte), 7 octobre 2020, n° 19-13.223

ECLI:FR:CCASS:2020:CO00510

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour Vu l'article 553 du code de procédure civile : 4. L'ordonnance par laquelle le juge-commissaire invite les parties, en cas de contestation sérieuse concernant une créance déclarée, à saisir le juge compétent pour la trancher s'inscrit dans la procédure de vérification du passif, laquelle est indivisible entre le créancier, le débiteur, le mandataire judiciaire ou le liquidateur. Il en résulte que, si cette décision est susceptible d'appel, ce recours n'est recevable que si toutes ces parties sont mises en cause devant la cour d'appel. 5. Pour déclarer recevable l'appel interjeté par la société Kern père et fils, l'arrêt retient que, le débiteur étant dessaisi en applica

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Articles du code de procédure civile visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Selon l'arrêt attaqué (Chambéry, 15 janvier 2019), la société Hôtel Panoramik a été mise en liquidation judiciaire le 18 mars 2016, la société MJ Alpes étant désignée liquidateur. La société Kern père et fils a déclaré deux créances au passif. Ces créances ayant été contestées, le juge-commissaire, par une ordonnance du 4 juin 2018, s'est déclaré incompétent pour trancher la contestation, a sursis à statuer et a invité les parties à saisir le juge compétent dans le délai d'un mois à compter de la signification de l'ordonnance.

2La société Kern père et fils a interjeté appel de cette décision, en n'intimant que la société MJ Alpes, ès qualités.

La question examinée par la Cour

Ce que soutenait le demandeur

3La société MJ Alpes, ès qualités, fait grief à l'arrêt, estimant ainsi l'appel recevable, de confirmer l'ordonnance attaquée en ce que le juge-commissaire s'est déclaré incompétent au profit du tribunal de grande instance d'Annecy pour statuer sur la contestation de la créance de la société Kern père et fils d'un montant de 428 010,69 euros, et l'infirmant pour le surplus, de dire le juge-commissaire compétent pour statuer sur la contestation de la créance de la société Kern père et fils d'un montant de 55 830,40 euros à titre privilégié, au titre des arriérés des loyers et charges échus et, évoquant, fixer la créance de cette société au passif de la société Hôtel Panoramik à la somme de 40 442,51 euros à titre privilégié à ce titre, alors « qu'en cas d'invisibilité à l'égard de plusieurs parties, l'appel formé contre l'une des parties n'est recevable que si toutes sont appelées à l'instance ; qu'il existe un tel lien d'indivisibilité en matière d'admission des créances entre le créancier, le mandataire judiciaire ou le liquidateur, et le débiteur, titulaire d'un droit propre en matière de vérification du passif que la cour d'appel qui constate que le créancier n'a intimé que le liquidateur judiciaire de la société Hôtel Panoramik, mais non celle-ci, ne pouvait dès lors estimer l'appel recevable sans méconnaître l'article 553 du code de procédure civile. »

Réponse de la Cour

Vu l'article 553 du code de procédure civile :

4L'ordonnance par laquelle le juge-commissaire invite les parties, en cas de contestation sérieuse concernant une créance déclarée, à saisir le juge compétent pour la trancher s'inscrit dans la procédure de vérification du passif, laquelle est indivisible entre le créancier, le débiteur, le mandataire judiciaire ou le liquidateur. Il en résulte que, si cette décision est susceptible d'appel, ce recours n'est recevable que si toutes ces parties sont mises en cause devant la cour d'appel.

5Pour déclarer recevable l'appel interjeté par la société Kern père et fils, l'arrêt retient que, le débiteur étant dessaisi en application de l'article L. 641-9 du code de commerce, il se trouvait valablement représenté par son liquidateur, et que celui-ci ayant été intimé par la société Kern père et fils, celle-ci n'avait pas à intimer la société Hôtel Panoramik.

6En statuant ainsi, en l'absence de mise en cause de la société débitrice, partie nécessaire en tant que titulaire, en matière de vérification du passif, d'un droit propre qui n'est pas atteint par le dessaisissement, la cour d'appel a violé le texte susvisé.

La décision

  • CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 15 janvier 2019, entre les parties, par la cour d'appel de Chambéry ;
  • Remet l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Grenoble ;
  • Condamne la société Kern père et fils aux dépens ;
  • En application de l'article 700 du code de procédure civile, condamne la société Kern père et fils à payer à la société MJ Alpes, en qualité de liquidateur judiciaire de la société Hôtel Panoramik, la somme de 3 000 euros ;
  • Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;

Suivre l'article 553 du code de procédure civile

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