Sur le premier moyen, pris en sa seconde branche
Ce que soutenait le demandeur
4La banque fait grief à l'arrêt de déclarer recevable l'appel en intervention formée contre elle alors « que les personnes qui n'ont pas été parties ni représentées en première instance ne peuvent être appelées devant la Cour d'appel que si l'évolution du litige implique leur mise en cause ; que l'évolution du litige impliquant la mise en cause d'un tiers devant la Cour d'appel n'est caractérisée que par la révélation d'une circonstance de fait ou de droit, née du jugement ou postérieure à celui-ci modifiant les données juridiques du litige ; qu'en l'espèce la demande de M. T... en restitution d'un prétendu trop perçu par la Banque de Tahiti fondée sur une reddition de comptes antérieure au jugement déféré ne répondait pas à cette condition ; qu'en déclarant recevable l'appel en intervention forcée de la Banque de Tahiti et la demande de M. T... dirigée contre la Banque de Tahiti, la Cour d'appel a violé l'article 344 du code de procédure civile de la Polynésie française ».
Réponse de la Cour
Vu l'article 344 du code de procédure civile de la Polynésie française :
5Si les personnes qui n'ont été ni parties, ni représentées en première instance peuvent être appelées devant la cour d'appel, même aux fins de condamnation, c'est, selon ce texte, quand leur mise en cause est impliquée par l'évolution du litige, laquelle se caractérise par la révélation d'une circonstance de fait ou de droit née du jugement ou postérieurement à celui-ci et modifiant les données du litige.
6Pour déclarer recevable l'appel en intervention forcée de la banque, l'arrêt retient que, même si elle n'était pas partie en première instance, ni intimée, des demandes sont formées contre elle, cependant qu'elle ne sollicite pas sa mise hors de cause et qu'elle conclut, y compris au fond.
7En statuant ainsi, alors que M. T... qui se bornait à contester la reddition des comptes du liquidateur pouvait, dès la première instance, se prévaloir de l'erreur du liquidateur sur le montant versé à la banque et assigner cette dernière en intervention forcée, la cour d'appel a violé le texte susvisé.