Sur le premier moyen, pris en sa seconde branche
Ce que soutenait le demandeur
5La SCI Acapulco et le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7] font grief à l'arrêt de rejeter leurs demandes de liquidation de l'astreinte pour la période postérieure au 11 octobre 2014 et de fixation d'une nouvelle astreinte, alors « qu'en application des dispositions de l'article 910-3 du code de procédure civile de Nouvelle-Calédonie, le juge d'appel est saisi des prétentions des parties contenues dans les conclusions d'appel, sans qu'il soit exigé des parties qu'elles récapitulent leurs prétentions dans le dispositif de leurs conclusions ; qu'en affirmant que les développements de la SCI Acapulco et du syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7] relatifs à la violation des règles du contradictoire par l'expert [Q] sont sans intérêt puisque la nullité du rapport n'est pas demandé au dispositif de leurs conclusions, la cour d'appel ajouté à l'article 910-3 du code de procédure civile de Nouvelle-Calédonie une exigence que ce texte ne prévoit pas et l'a en conséquence violé. »
Réponse de la Cour
Vu l'article 910-3, alinéa 1er, du code de procédure civile de la Nouvelle-Calédonie :
6Aux termes de ce texte, le mémoire ampliatif d'appel et les conclusions d'appel doivent formuler expressément les prétentions des parties et les moyens de fait et de droit sur lesquels chacune de ses prétentions est fondée. Elles comprennent en outre l'indication des pièces invoquées. Ces pièces comme toute autre pièce invoquée en cours de procédure doivent être communiquées sous bordereau sous peine d'être écartées des débats.
7Il en résulte que la cour d'appel est saisie des prétentions et moyens des parties formulés expressément dans les conclusions, et non seulement des prétentions énoncées au dispositif de celles-ci.
8Pour rejeter les demandes de liquidation et de prononcé d'astreinte formées par la SCI Acapulco et le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7], l'arrêt retient que la nullité du rapport d'expertise de M. [Q] n'est pas demandée au dispositif de leurs conclusions et que cette expertise, qui n'est plus contestée, a considéré que les travaux réalisés étaient satisfaisants, de sorte que l'immeuble a été mis en conformité avec la servitude.
9En statuant ainsi, en refusant de prendre en considération des demandes formulées sans équivoque dans les motifs des conclusions d'appel de la SCI Acapulco et du syndicat des copropriétaires de la [Adresse 7], la cour d'appel a violé le texte susvisé.