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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, deuxième chambre civile (Formation restreinte), 12 mars 2026, n° 24-10.482

ECLI:FR:CCASS:2026:C200208

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour 4. Vu l'article L. 131-4 du code des procédures civiles d'exécution : 5. Il résulte de ce texte que le juge chargé de liquider une astreinte doit préciser la période pour laquelle il procède à cette liquidation. 6. Pour liquider à 250 000 euros le montant de l'astreinte provisoire, après avoir rappelé, d'abord, que la première remise de pièces à l'huissier de justice effectuée le 19 décembre 2022 par les sociétés, soit le dernier jour qui leur avait été imparti à peine d'astreinte, était incomplète, ensuite, qu'à la date du 6 janvier 2023, l'huissier de justice avait encore sollicité la communication d'éléments manquants, enfin, que ce dernier avait dû lui-même re

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Articles du code des procédures civiles d'exécution visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Selon l'arrêt attaqué (Paris, 2 novembre 2023), par un arrêt irrévocable du 10 novembre 2022 rendu dans un litige les opposant notamment à la société Euromotor, une cour d'appel, se réservant la liquidation de l'astreinte, a ordonné à la société Stellantis NV, PSA Retail France, aux droits de laquelle se trouve la société Stellantis & You France, la Société commerciale de distribution pièces de rechange et services, la Société pièces et services automobiles de l'ouest, la société Pièces et entretien automobile bordelais, la Société lilloise de services et de distribution de pièces de rechange et la Société lyonnaise de pièces et services automobiles et la société Est PR (les sociétés), de communiquer diverses pièces à un huissier de justice, dans le délai d'un mois suivant sa signification, et passé ce délai sous une astreinte de 10 000 euros par jour de retard et/ou par élément manquant.

2La société Euromotor a saisi cette cour d'appel à fin de liquidation de cette astreinte.

La question examinée par la Cour

Sur le moyen, pris en sa troisième branche

Ce que soutenait le demandeur

3Les sociétés font grief à l'arrêt de liquider à 250 000 euros l'astreinte prononcée par arrêt du 10 novembre 2022 et, en conséquence, de les condamner in solidum à payer cette somme à la société Euromotor, alors « qu'en les condamnant au paiement d'une astreinte provisoire de 250 000 euros sans préciser le retard et l'incomplétude de la transmission et sans préciser la date à laquelle elle liquidait l'astreinte, la cour d'appel n'a pas permis à la Cour de cassation de vérifier à quoi correspondait ce montant et a méconnu les exigences de l'article 455 du code de procédure civile. »

Réponse de la Cour

4Vu l'article L. 131-4 du code des procédures civiles d'exécution :

5Il résulte de ce texte que le juge chargé de liquider une astreinte doit préciser la période pour laquelle il procède à cette liquidation.

6Pour liquider à 250 000 euros le montant de l'astreinte provisoire, après avoir rappelé, d'abord, que la première remise de pièces à l'huissier de justice effectuée le 19 décembre 2022 par les sociétés, soit le dernier jour qui leur avait été imparti à peine d'astreinte, était incomplète, ensuite, qu'à la date du 6 janvier 2023, l'huissier de justice avait encore sollicité la communication d'éléments manquants, enfin, que ce dernier avait dû lui-même reconstituer, sur la base des documents transmis par les sociétés, la liste des clients appartenant ou non aux réseaux officiels de distribution de pièces ou de réparateurs agréés Peugeot, Citroën, DS et Eurorépar qu'elles auraient dû lui remettre, l'arrêt retient que les diligences des sociétés ont été réalisées avec retard et de manière incomplète.

7En statuant ainsi, sans préciser la période pour laquelle elle liquidait l'astreinte, la cour d'appel, qui n'a pas mis la Cour de cassation en mesure d'exercer son contrôle, a violé le texte susvisé.

La décision

  • CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il liquide à 250 000 euros l'astreinte prononcée par la cour d'appel de Paris par arrêt du 10 novembre 2022, condamne in solidum les sociétés Stellantis NV, Stellantis & You France, SCDPRS (Société commerciale de distribution pièces de rechange et services), SPSAO (Société de pièces et services automobiles de l'ouest), PEAB (Pièces et entretien automobile bordelais), SLSDPR (Société lilloise de services et de distribution de pièces de rechange), SLPSA (Société lyonnaise de pièces et services automobiles) et Est PR à payer cette somme de 250 000 euros à la société Euromotor et en ce qu'il statue sur les dépens et l'application de l'article 700 du code de procédure civile, l'arrêt rendu le 2 novembre 2023, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ;
  • Remet, sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Paris autrement composée ;
  • Condamne la société Euromotor aux dépens ;
  • En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;
  • Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ;

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