Sur le moyen du pourvoi incident, formé par l'avocat
Réponse de la Cour
4En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui est irrecevable.
ECLI:FR:CCASS:2025:C200859
La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée
4. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui est irrecevable.
Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.
Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.
1Selon l'ordonnance attaquée, rendue par le premier président d'une cour d'appel (Aix-en-Provence, 8 novembre 2023) et les productions, M. [R] a confié la défense de ses intérêts à M. [I]-[C] (l'avocat) dans plusieurs procédures en reconnaissance du caractère professionnel de son accident, ayant abouti à un arrêt d'une cour d'appel du 20 janvier 2017, en reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur et en contestation du taux de rente accident du travail et de son montant.
2Plusieurs conventions d'honoraires ont été signées entre les parties, dont une du 21 mars 2014 s'agissant de la procédure en reconnaissance de la faute inexcusable et en indemnisation du préjudice et une du 19 mai 2016 relative à la procédure en appel en reconnaissance du caractère professionnel de l'accident.
3L'avocat a saisi le bâtonnier de son ordre en fixation de ses honoraires.
Réponse de la Cour
4En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui est irrecevable.
5M. [R] fait grief à l'ordonnance de fixer les honoraires dus au titre de la reconnaissance de l'accident du travail à la somme de 2 000 euros HT, soit 2 400 euros TTC et de dire qu'il sera tenu de payer à l'avocat un solde d'honoraires de 6 230 euros TTC, alors « qu'est soumise à la prescription biennale de l'article L. 218-2 du code de la consommation la demande d'un avocat en fixation de ses honoraires dirigée contre une personne physique ayant eu recours à ses services à des fins n'entrant pas dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale ; que le délai de prescription court à compter de la fin de la mission confiée à l'avocat ; qu'au cas d'espèce, étant constant que M. [R] était un consommateur ou non-professionnel, s'agissant de l'action en reconnaissance du caractère professionnel de l'accident, dont il constatait qu'elle avait été close par un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 20 janvier 2017, en s'abstenant de rechercher, comme il y était invité, si la mission de l'avocat relativement à cette action ne s'était pas achevée à cette date, en sorte que sa demande en paiement d'honoraires, formée plus de deux plus tard (13 mai 2020), n'était pas prescrite, le juge du fond n'a pas donné de base légale à sa décision au regard de l'article L. 218-2 du code de la consommation. »
Réponse de la Cour
Vu l'article L. 137-2, devenu L. 218-2, du code de la consommation :
6Il résulte de ce texte qu'est soumise à la prescription biennale la demande d'un avocat en fixation de ses honoraires dirigée contre une personne physique ayant eu recours à ses services à des fins n'entrant pas dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale.
7La prescription de l'action des avocats pour le paiement de leurs honoraires court à compter de la date à laquelle leur mandat a pris fin.
8Pour fixer les honoraires dus au titre de la reconnaissance de l'accident du travail, l'ordonnance relève qu'il n'est pas contesté que la mission de reconnaissance de l'accident du travail en première instance comme en appel a été menée à son terme par l'avocat.
9Elle retient des honoraires forfaitaires de 1 200 euros TTC pour ces missions.
10En se déterminant ainsi, sans rechercher, comme il y était invité, si la demande en fixation des honoraires dus au titre de la mission en reconnaissance du caractère professionnel de l'accident n'était pas prescrite, le premier président n'a pas donné de base légale à sa décision.
11M. [R] fait grief à l'ordonnance de fixer le montant des honoraires dus au titre du dossier de reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur à l'origine de l'accident du travail et de l'indemnisation qui lui était due à la somme de 4 750 euros HT soit 5 700 euros TTC et, après constatation de ce qu'il avait réglé une somme de 1 870 euros TTC, de dire qu'il sera tenu de payer à l'avocat un solde d'honoraires de 6 230 euros TTC, alors : « que le juge ne doit pas dénaturer les documents de la cause ; qu'en l'espèce, à supposer même que le juge du fond, en se fondant sur la convention d'honoraires du 19 mai 2016, ait en réalité entendu viser la convention d'honoraires du 21 mars 2014 relative à la procédure en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, l'article 3 in fine de cette convention ne concernait que l'honoraire de résultat (lequel a été jugé comme n'étant pas dû), et non l'honoraire de diligence, en cas de dessaisissement de l'avocat avant l'achèvement de sa mission, de même que l'article 6 alinéa 2 ; que ni ces stipulations, ni aucune autre, ne prévoyait un honoraire de diligence supplémentaire, en sus de l'honoraire forfaitaire de diligence de 1 200 euros TTC prévu à l'article 2 de la convention, pour le cas où l'avocat sera dessaisi en cours de mission ; qu'en se fondant sur ces stipulations pour allouer des honoraires de diligence complémentaires à l'avocat au titre de la reconnaissance de la faute inexcusable, de la contestation de la rente d'accident du travail et de la réparation du préjudice subi, le juge du fond les a dénaturées et, partant, violé le principe susvisé, ensemble l'article 1103 du code civil. »
Réponse de la Cour
Vu l'obligation pour le juge de ne pas dénaturer l'écrit qui lui est soumis :
12Pour fixer les honoraires dus au titre de la reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur et de l'indemnisation due à M. [R], l'ordonnance constate que la mission de l'avocat à ce titre a été interrompue par son dessaisissement par le client en février 2020.
13L'ordonnance retient qu'il doit être fait application de l'article 3, in fine, de la convention du 21 mars 2014, relative à la reconnaissance de la faute inexcusable, prévoyant une rémunération en fonction des diligences accomplies au taux horaire de 250 euros HT.
14Après avoir retenu que les diligences accomplies représentaient dix-neuf heures de travail, l'ordonnance fixe à la somme de 4 750 euros HT les honoraires de l'avocat au titre de la reconnaissance de la faute inexcusable, de la contestation de la rente accident du travail et de la réparation du préjudice subi.
15L'ordonnance ajoute qu'en revanche, l'avocat ne saurait prétendre à un honoraire de résultat, les sommes susceptibles d'être allouées n'étant que la conséquence très indirecte des diligences qu'il a réalisées.
16En statuant ainsi, alors que l'article 3 de la convention du 21 mars 2014, applicable aux honoraires dus au titre de la procédure en reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur et en indemnisation, ne prévoyait qu'un honoraire complémentaire de résultat, et non un honoraire de diligences, en cas de dessaisissement de l'avocat en cours de mission, le premier président, qui en a dénaturé les termes clairs et précis, a violé le principe susvisé.
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