Ce que soutenait le demandeur
3L'acquéreure fait grief au jugement de la condamner à verser certaines sommes au vendeur, alors « que le droit de rétractation ne peut pas être exercé pour la fourniture de biens nettement personnalisés ; que ne porte pas sur un bien nettement personnalisé la vente d'un véhicule standard ; qu'en jugeant le contraire au motif que le vendeur s'était déclaré attentif aux besoins spécifiques" de sa cliente et que le véhicule n'était pas disponible dans le stock du vendeur, le tribunal judiciaire, qui n'a pas justifié en quoi le véhicule vendu à Mme [Z] constituait un bien nettement personnalisé", a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 221-28, 3°, du code de la consommation. »
Réponse de la Cour
Vu les articles L. 221-18 et L. 221-28, 3°, du code de la consommation :
4Aux termes du premier texte, le consommateur dispose d'un délai de quatorze jours pour exercer son droit de rétractation d'un contrat conclu à distance, à la suite d'un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision ni supporter d'autres coûts que ceux prévus aux articles L. 221-23 à L. 221-25.
5Selon le second texte, le droit de rétractation ne peut être exercé pour les contrats de fourniture de biens confectionnés selon les spécifications du consommateur ou nettement personnalisés.
6Pour juger que l'acquéreure n'était pas titulaire d'un droit de rétractation et la condamner à payer certaines sommes au vendeur en exécution du contrat, le jugement retient que le véhicule fourni était nettement personnalisé dès lors que le vendeur exerçait une activité consistant à sélectionner des voitures en considération des besoins spécifiques exprimés par le client, que les conditions générales excluaient ainsi toute possibilité d'exercice d'un droit de rétractation et que le vendeur, qui ne disposait d'aucun stock, avait fourni un véhicule neuf commandé à un fournisseur afin de répondre aux critères de recherche exprimés par l'acquéreure.
7En statuant ainsi, par des motifs impropres à caractériser que le vendeur avait fourni à l'acquéreure un véhicule nettement personnalisé, le tribunal a violé les textes susvisés.