Sur les moyens réunis, pris en leur première branche
Ce que soutenait le demandeur
7M. [Y] fait grief à l'arrêt de constater le défaut de communication de justificatifs fiscaux et sociaux prescrits par la cour d'appel de Cayenne dans son arrêt du 5 avril 2019, de dire en conséquence que la cour est dans l'impossibilité de liquider l'indemnité d'éviction, de le débouter par conséquent de ses demandes de ce chef et de rejeter sa requête, alors : « qu'il appartient au juge saisi d'un litige de le trancher ; que pour rejeter la demande relative à la détermination du montant de l'indemnité d'éviction, la cour d'appel a retenu qu'en l'absence de communication par le salarié de justificatifs fiscaux et sociaux prescrits par la cour d'appel de Cayenne dans son arrêt du 5 avril 2019, elle était dans l'impossibilité de liquider l'indemnité d'éviction ; qu'en statuant ainsi cependant qu'il lui appartenait de trancher le litige, la cour d'appel a violé les articles 5 et 12 du code de procédure civile. »
8M. [I] fait grief à l'arrêt de constater le défaut de communication de justificatifs fiscaux et sociaux prescrits par la cour d'appel de Cayenne dans son arrêt du 5 avril 2019, de constater qu'il ne justifie nullement de ses revenus du 1er janvier 2019 au 31 mars 2019, de dire en conséquence que la cour est dans l'impossibilité de liquider l'indemnité d'éviction, de le débouter par conséquent de ses demandes de ce chef et rejeter sa requête, alors : « qu'il appartient au juge saisi d'un litige de le trancher ; que pour rejeter la demande relative à la détermination du montant de l'indemnité d'éviction, la cour d'appel a retenu qu'en l'absence de communication par le salarié de justificatifs fiscaux et sociaux prescrits par la cour d'appel de Cayenne dans son arrêt du 5 avril 2019, et de justification de ses revenus du 1er janvier 2019 au 31 mars 2019, elle était dans l'impossibilité de liquider l'indemnité d'éviction ; qu'en statuant ainsi cependant qu'il lui appartenait de trancher le litige, la cour d'appel a violé les articles 5 et 12 du code de procédure civile. »
Réponse de la Cour
9Vu les articles 5 et 12, alinéa 1, du code de procédure civile :
10Selon le premier de ces textes, le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demandé et, selon le second, il lui appartient de trancher le litige conformément aux règles de droit.
11Pour rejeter la demande des salariés, la cour d'appel a retenu que, faute de production des justificatifs par les salariés, elle n'était pas en mesure de liquider l'indemnité mise à la charge des employeurs.
12En statuant ainsi, alors qu'il lui appartenait de déterminer le montant de la créance des salariés et, à cette fin, de faire les comptes entre les parties,
sans pouvoir s'y refuser en se fondant sur l'insuffisance des preuves qui lui étaient fournies, au besoin après avoir ordonné toute mesure d'instruction utile, la cour d'appel a méconnu son office et violé les textes sus-visés.