Vu l'article L. 1152-2 du code du travail, dans sa rédaction issue de la loi n° 2012-954 du 6 août 2012, et l'article L. 1152-3 du même code :
6Selon le premier de ces textes, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat, pour avoir subi ou refusé de subir des agissements répétés de harcèlement moral ou pour avoir témoigné de tels agissements ou les avoir relatés.
7Aux termes du second, toute rupture de contrat de travail intervenue en méconnaissance des articles L. 1152-1 et L. 1152-2 du code du travail, toute disposition ou tout acte contraire est nul.
8Pour dire que la rupture de la relation contractuelle s'analyse en un licenciement nul et condamner chacun des employeurs à payer au salarié des dommages-intérêts à ce titre, l'arrêt retient que le salarié présente des faits qui laissent présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre et que les faits dénoncés de harcèlement moral à l'encontre des autres salariés apparaissent fondés. Il énonce que les employeurs ne démontrent pas que les agissements dénoncés sont justifiés par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement, ni que la dénonciation de harcèlement vis-à-vis d'autres salariés serait diffamatoire et fausse. Il retient que la baisse de l'audience des émissions animées par le salarié sur la période septembre 2016 - juin 2017 par rapport celle de septembre 2015- juin 2016 et son augmentation sur la période septembre 2017- juin 2018 [,postérieurement au départ du salarié,] ne sont pas significatives. Il en déduit que la rupture des relations contractuelles s'analyse en un licenciement nul.
9En se déterminant ainsi, sans caractériser le fait que les relations contractuelles avaient été rompues parce que le salarié avait subi ou refusé de subir un harcèlement moral ou parce qu'il avait dénoncé des faits de harcèlement moral, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision.