Enoncé de la question prioritaire de constitutionnalité
Réponse de la Cour
6A l'occasion du pourvoi qu'il a formé contre ce jugement, M. [U] a, par mémoire distinct et motivé, demandé de renvoyer au Conseil constitutionnel plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité ainsi rédigées :
« Les dispositions de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, qui ne sont pas assorties de précisions quant à la définition du caractère sérieux du moyen de cassation, sont-elles conformes à l'obligation d'intelligibilité de la loi visée à l'article 34 de la Constitution du 4 octobre 1958 ?
Ces dispositions, qui créent une différence de traitement entre les justiciables impécunieux qui doivent justifier d'un moyen de cassation sérieux auprès du bureau d'aide juridictionnelle, pour que leur pourvoi en cassation soit admis, et les justiciables aisés dont l'admission de leur pourvoi n'est conditionnée que par un (ou des) moyen qui n'est pas manifestement insusceptible d'entraîner la cassation, sont-elles conformes au principe d'égalité devant la loi visé aux articles 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ?
Ces dispositions, qui font obstacle à la pleine application de l'article 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, sont-elles conformes au principe de priorité des traités internationaux visé à l'article 55 de la Constitution du 4 octobre 1958 ?
Pour les mêmes raisons que l'article 7, les dispositions de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991 sont-elles conformes aux articles 6 et 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, 34 et 55 de la Constitution du 4 octobre 1958 ?
Les dispositions de l'article 23 de la loi du 10 juillet 1991, qui ne sont pas assorties de précisions quant aux modalités du recours, et qui ne proposent pas un recours contradictoire, sont-elles conformes à l'obligation d'intelligibilité de la loi visé à l'article 34 de la Constitution du 4 octobre 1958, et au droit d'accès à un tribunal, visé à l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ? »