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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre sociale (Formation restreinte), 25 mars 2020, n° 19-16.807

ECLI:FR:CCASS:2020:SO00392

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour Vu l'article L. 2132-3 du code du travail et l'article 330 du code de procédure civile : 5. Aux termes de l'article L. 2132-3 du code du travail, les syndicats professionnels ont le droit d'agir en justice et peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent. Selon l'article 330 du code de procédure civile, l'intervention est accessoire lorsqu'elle appuie les prétentions d'une partie et elle est recevable si son auteur a intérêt, pour la conservation de ses droits, à soutenir cette partie. 6. Il résulte de ces

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Cette décision vous concerne ?

Une décision de justice ne se transpose pas telle quelle à votre situation.

Articles visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Selon le jugement attaqué (tribunal d'instance de Saint-Denis, 1er mars 2019) rectifié pour erreur matérielle par jugement du 26 avril 2019, aux termes d'un accord collectif signé le 19 avril 2012, au sein de l'unité économique et sociale UES Randstad composée de douze sociétés, les organisations syndicales représentatives peuvent désigner, outre un délégué syndical central au niveau du l'UES et des délégués syndicaux d'établissement au sein de chacune des sociétés de l'UES, un « délégué syndical national de société ».

2Le 26 novembre 2018, le syndicat CGT Randstad France a désigné Mme R... en qualité de « délégué syndical national de société ».

3Les douze sociétés composant l'UES Randstad ont saisi le 12 décembre 2018 le tribunal d'instance aux fins d'annuler cette désignation, en soutenant que M. A..., en sa qualité de délégué syndical central du syndicat CGT Randstad France, n'était pas habilité pour y procéder. Le syndicat CGT Intérim est intervenu volontairement à l'instance.

Les questions examinées par la Cour

Sur le moyen unique, pris en sa première branche

Ce que soutenait le demandeur

4Le syndicat CGT Intérim fait grief au jugement de déclarer irrecevable son intervention volontaire alors « que tout syndicat peut intervenir volontairement à une instance à raison de l'intérêt collectif que la solution du litige présente pour la profession qu'il représente ; que la régularité de la désignation d'un délégué syndical conventionnel met en jeu l'intérêt collectif de la profession ; qu'en déclarant néanmoins l'intervention volontaire du syndicat CGT Intérim irrecevable, aux motifs inopérants que cette intervention ne tend qu'à soutenir le rejet d'une action en contestation de la désignation d'un délégué syndical et que le litige porte sur la régularité de l'habilitation de la personne ayant procédé à cette désignation, le tribunal a violé les articles L. 2132-3 du code du travail et 330 du code de procédure civile. »

Réponse de la Cour

Vu l'article L. 2132-3 du code du travail et l'article 330 du code de procédure civile :

5Aux termes de l'article L. 2132-3 du code du travail, les syndicats professionnels ont le droit d'agir en justice et peuvent, devant toutes les juridictions, exercer tous les droits réservés à la partie civile concernant les faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent. Selon l'article 330 du code de procédure civile, l'intervention est accessoire lorsqu'elle appuie les prétentions d'une partie et elle est recevable si son auteur a intérêt, pour la conservation de ses droits, à soutenir cette partie.

6Il résulte de ces textes que la régularité de la désignation d'un délégué syndical conventionnel en vertu d'un accord collectif, contestée par l'employeur, met en cause nécessairement l'intérêt collectif de la profession. Il s'ensuit qu'une union syndicale ou une fédération est recevable à intervenir volontairement aux côtés du syndicat professionnel affilié qui a procédé à la désignation du délégué syndical conventionnel, la demande en annulation de cette désignation portant préjudice à l'intérêt collectif de la profession qu'ils représentent tous deux.

7Pour déclarer irrecevable l'intervention volontaire du syndicat CGT Intérim, le jugement retient que cette intervention volontaire n'a pas pour objet de se joindre à une action en contestation mais à soutenir le rejet d'une telle action, que la prétention principale des sociétés de l'UES Randstad est l'annulation de la désignation de Mme R... en qualité de déléguée syndicale nationale de société, que le litige porte sur la question de savoir si la personne ayant procédé à la désignation était habilitée à le faire et que le litige ne pose aucune question de principe dont la solution intéresserait l'intérêt collectif de la profession représentée par le syndicat CGT Intérim.

8En statuant ainsi, alors qu'il avait, d'une part, retenu que par un « avenant à l'accord relatif à la création et au fonctionnement d'une UES regroupant les sociétés de travail temporaire du Groupe Verdier France (aujourd'hui Groupe Randstad France) » signé le 19 avril 2012, il a été convenu que chaque organisation syndicale représentative au niveau de la société représentée par le délégué syndical central pourrait procéder à la désignation de délégués syndicaux nationaux de société parmi les délégués syndicaux d'établissement et, d'autre part, constaté que le syndicat CGT Intérim est une union de syndicats dans la branche du travail temporaire à laquelle est affilié le syndicat CGT Groupe Randstad France, auteur de la désignation contestée d'un délégué syndical conventionnel, ce dont il ressortait que la demande en annulation de cette désignation portait préjudice à l'intérêt collectif de la profession représentée, tant par le syndicat auteur de la désignation, que par l'union de syndicats intervenante, le tribunal a violé les textes susvisés.

Portée et conséquences de la cassation

Réponse de la Cour

9Après avis donné aux parties, conformément à l'article 1015 du code de procédure civile, il est fait application des articles L. 411-3, alinéa 1er, du code de l'organisation judiciaire et 627 du code de procédure civile.

10La cassation prononcée n'implique pas, en effet, qu'il soit à nouveau statué sur le fond.

La décision

  • CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il déclare irrecevable l'intervention volontaire du syndicat CGT Intérim, le jugement rendu le 1er mars 2019, entre les parties, par le tribunal d'instance de Saint-Denis et rectifié par jugement du 26 avril 2019 ;
  • DIT n'y avoir lieu à renvoi ;
  • DECLARE recevable l'intervention volontaire du syndicat CGT Intérim ;
  • En application de l'article 700 du code de procédure civile, condamne le Groupe Randstad France et les sociétés Randstad, Select T.T, Aintérim, Alp'Emploi, Arveintérim, Atoll, Atout travail temporaire, Atrium, Intérim 31, Intérim d'Oc et Internim à payer au syndicat CGT Intérim la somme globale de 3 000 euros ;
  • Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite du jugement partiellement cassé ;

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