Vu les articles L. 1234-1 et L. 1235-1 du code du travail :
6La faute grave est celle qui rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise.
7Pour juger que le licenciement est fondé sur une faute grave, s'agissant du grief de non-respect des consignes de sécurité lors d'une réunion de chantier du 26 janvier 2021, l'arrêt constate que l'employeur, sur lequel pèse la charge de la preuve, verse le plan général de coordination sécurité et protection sur le site de construction [Adresse 3] à [Localité 1], le registre journal, réunion du 20 janvier 2021, que ce document réglemente de façon restrictive l'accès du chantier aux seuls salariés et prestataires, qu'il y est mentionné en page 25 au paragraphe : "Contrôle d'accès au chantier" qu' "il est de la responsabilité de chaque entreprise de gérer, coordonner et de contrôler les accès au chantier de son personnel, de ses prestataires de service et de ses livraisons. A la charge de chaque entreprise de tenir à jour la liste nominative de son personnel intervenant sur le chantier" et que "Le maître d'ouvrage doit, dès les études préliminaires, s'occuper de la mise en oeuvre des principes de précaution en nommant un coordonnateur SPS (...)". Il ajoute qu'il y est également indiqué en page 43 que l'accès au chantier est interdit à défaut de port d'équipement de protection individuelle.
8L'arrêt relève que la pièce intitulée "registre journal", synthèse faisant suite à la réunion de chantier du 20 janvier 2021, a été diffusée, notamment à la salariée qui y est indiquée comme "intervenante maître d'ouvrage" et rappelle que "le port des EPI est obligatoire pour tous et pendant toute la durée de l'opération.", pièce que la salariée ne conteste pas.
9L'arrêt retient qu'en emmenant son fils de 10 ans sur le chantier, qu'il a dû traverser pour atteindre la salle de réunion comme il ressort du plan produit par l'employeur et en ne respectant pas les règles de sécurité dont elle avait connaissance, la salariée a commis une faute qui justifie à elle seule, sans qu'il y ait besoin d'examiner les autres griefs, son licenciement pour faute grave. Il en conclut que ce grief présente un degré de gravité tel en raison des fonctions de la salariée, qui représentait le maître d'ouvrage, qu'il rend impossible son maintien dans l'entreprise pendant la durée du préavis.
10En se déterminant ainsi, par des motifs qui, eu égard à l'unicité du fait retenu consistant à avoir fait traverser le chantier sur lequel elle travaillait par son fils, à l'ancienneté de douze ans de la salariée et à l'absence d'antécédent disciplinaire à son encontre, ne suffisent pas à caractériser l'existence d'une faute empêchant le maintien de l'intéressée dans l'entreprise, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision.