Vu les articles L. 1231-1 et L. 1237-1 du code du travail :
5Il résulte de ces textes que la démission est un acte unilatéral par lequel le salarié manifeste de façon claire et non équivoque sa volonté de mettre fin au contrat de travail. Lorsque le salarié, sans invoquer un vice du consentement de nature à entraîner l'annulation de sa démission, remet en cause celle-ci en raison de faits ou manquements imputables à son employeur, le juge doit, s'il résulte de circonstances antérieures ou contemporaines de la démission, qu'à la date à laquelle elle a été donnée, celle-ci était équivoque, l'analyser en une prise d'acte de la rupture qui produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse si les faits invoqués la justifiaient ou, dans le cas contraire, d'une démission.
6Pour dire que la rupture du contrat était imputable au salarié et rejeter ses demandes indemnitaires afférentes à l'absence de cause réelle et sérieuse de la rupture de son contrat de travail, l'arrêt constate d'abord que la société ne discute pas avoir conclu avec le salarié une relation de travail à durée déterminée sans contrat écrit à compter du 8 juin 2020, ensuite que ce dernier ne démontre pas les faits qu'il allègue concernant le refus intentionnel de l'employeur de le déclarer en contrat à durée indéterminée ni la proposition de l'engager en contrat à durée déterminée de remplacement à compter du 23 juin 2020. Il ajoute que le salarié a refusé la poursuite de la relation de travail à durée indéterminée sollicitée par son conseil et proposée par l'employeur dans son courrier du 31 juillet 2020.
7L'arrêt en conclut qu'en agissant ainsi le salarié a pris l'initiative de mettre un terme à son contrat de travail ce qui doit s'analyser en une démission, peu important que l'employeur ait indiqué par erreur sur la déclaration Pôle emploi devenu France travail que la rupture faisait suite à une rupture de période d'essai.
8En statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté l'absence de contrat de travail écrit entre les parties et l'existence d'un différend sur les conditions de la poursuite de ce contrat ce dont elle aurait dû déduire le caractère équivoque de la démission du salarié, la cour d'appel a violé les textes susvisés.