Vu les articles L. 1152-1 et L. 1154-1 du code du travail :
6Il résulte de ces dispositions que, pour se prononcer sur l'existence d'un harcèlement moral, il appartient au juge d'examiner l'ensemble des éléments invoqués par le salarié, en prenant en compte les documents médicaux éventuellement produits, et d'apprécier si les faits matériellement établis, pris dans leur ensemble, laissent supposer l'existence d'un harcèlement moral et que, dans l'affirmative, il revient au juge d'apprécier si l'employeur prouve que les agissements invoqués ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement. Sous réserve d'exercer son office dans les conditions qui précèdent, le juge apprécie souverainement si le salarié établit des faits qui laissent supposer l'existence d'un harcèlement et si l'employeur prouve que les agissements invoqués sont étrangers à tout harcèlement.
7Pour débouter la salariée de sa demande de nullité du licenciement, l'arrêt retient que le fait de mise en cause publique devant ses collègues par son supérieur hiérarchique dénoncé par la salariée doit être considéré comme établi.
8L'arrêt ajoute que l'ensemble des pièces médicales produites établissent la réalité des difficultés de santé qu'elle avait présentées, notamment un état dépressif majeur ayant fait l'objet d'une reconnaissance en maladie professionnelle, mais pas leur genèse dès lors que les médecins n'ont connu de sa situation que ce qu'elle a bien voulu leur en dire s'agissant plus particulièrement du harcèlement qu'elle invoque, et que ces pièces médicales ne pouvaient suffire à établir la matérialité des agissements retenus précédemment comme non établis.
9Il en déduit que s'agissant d'un fait unique, il ne peut suffire à laisser supposer l'existence d'un harcèlement moral.
10En statuant ainsi, alors qu'elle n'a pas apprécié si le fait matériellement établi, compte tenu des éléments médicaux produits par ailleurs par la salariée, laissait supposer l'existence d'un harcèlement, la cour d'appel a violé les textes susvisés.