Vu l'article 9 de la convention collective nationale des ouvriers, employés, dessinateurs, techniciens et agents de maîtrise de la production des papiers, cartons et celluloses du 20 janvier 1988, alors applicable, et l'article 4 de l'accord professionnel du 20 novembre 2002 relatif aux modalités d'organisation des commissions paritaires dans le cadre des conventions collectives portant sur le papier carton :
21Selon l'article 9 de la convention collective susvisée, au cas où des salariés participeraient à une commission paritaire décidée entre organisations d'employeurs et de salariés, et dans la limite d'un nombre de salariés arrêté par accord entre les organisations signataires, le temps de travail perdu sera payé par l'employeur comme temps de travail effectif. Les frais de déplacement et d'hébergement indispensables seront également payés par l'employeur : les bases et les modalités seront fixées par accord au sein de l'entreprise. Ils ne pourront être globalement inférieurs aux bases retenues pour les administrateurs des caisses de sécurité sociale.
22Aux termes de l'article 4, « indemnisation du temps », de l'accord professionnel du 20 novembre 2002 susvisé, le temps de travail perdu par des salariés désignés pour participer à un groupe de travail paritaire restreint, à une réunion préparatoire ou à une commission paritaire, sera payé par l'employeur comme temps de travail effectif.
23Il résulte de ces textes qu'un membre de la commission paritaire de branche ne devant subir aucune perte de rémunération en raison de l'exercice de son mandat, le temps de trajet, pris en dehors de l'horaire normal de travail et effectué en exécution de ses fonctions à la commission, doit être rémunéré comme du temps de travail effectif pour la part excédant le temps normal de déplacement entre le domicile et le lieu de travail et doit être pris en compte pour déterminer l'existence, le cas échéant, d'heures supplémentaires donnant lieu à majorations.
24Pour refuser au salarié toute indemnisation au titre de ses temps de trajet pour assister à des réunions de la commission paritaire de branche, l'arrêt retient que l'article 9 de la convention collective applicable et l'article 2. de l'accord relatif à l'organisation des réunions paritaires prévoient que le temps passé à la participation à une commission paritaire doit être payé comme temps de travail effectif mais ils prévoient seulement le remboursement des frais de déplacement et d'hébergement nécessaires et non le paiement des temps de trajet comme temps de travail.
25En statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté que le salarié était membre de la commission paritaire de branche, la cour d'appel a violé les textes susvisés.