15Aux termes de l'article L. 2413-1, 2° et 3°, du code du travail, dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2011-91 du 20 janvier 2011, l'interruption ou la notification du non-renouvellement de la mission d'un salarié temporaire par l'entrepreneur de travail temporaire ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail lorsque le salarié est investi notamment de l'un des mandats suivants :
2° Délégué du personnel, ancien délégué ou candidat aux fonctions de délégué ;
3° Membre ou ancien membre élu du comité d'entreprise ou candidat à ces fonctions.
16La Cour de cassation juge qu'en application des articles L. 2413-1 et L. 2421-1 du code du travail, le travailleur temporaire, conseiller du salarié, est protégé en cas d'interruption ou de notification du non-renouvellement de sa mission lorsqu'un tel renouvellement est prévu au contrat de mission, ainsi que dans le cas où l'entreprise de travail temporaire lui a notifié sa décision de ne plus faire appel à lui par de nouveaux contrats de mission (Soc., 11 septembre 2019, pourvoi n° 18-12.293, publié).
17Aux termes de l'article L. 1251-26 du code du travail, l'entreprise de travail temporaire qui rompt le contrat de mission du salarié avant le terme prévu au contrat lui propose, sauf faute grave de ce dernier ou cas de force majeure, un nouveau contrat de mission prenant effet dans un délai maximum de trois jours ouvrables. Le nouveau contrat de mission ne peut comporter de modifications d'un élément essentiel en matière de qualification professionnelle, de rémunération, d'horaire de travail et de temps de transport. A défaut, ou si le nouveau contrat de mission est d'une durée inférieure à celle restant à courir du contrat précédent, l'entrepreneur de travail temporaire assure au salarié une rémunération équivalente à celle qu'il aurait perçue jusqu'au terme du contrat, y compris l'indemnité de fin de mission. Lorsque la durée restant à courir du contrat de mission rompu est supérieure à quatre semaines, les obligations du présent article peuvent être satisfaites au moyen de trois contrats successifs au plus.
18L'arrêt constate qu'un contrat de mission a été signé le 1er novembre 2010 pour pourvoir au remplacement d'une salariée pendant la durée de son congé parental d'un an prenant fin le 1er novembre 2011, qu'à la suite de la plainte du salarié, le 21 avril 2011, quant à l'existence d'un harcèlement moral sur le site de l'entreprise utilisatrice, les parties ont décidé, le 4 mai 2011, de la rupture amiable du contrat de mission du 1er novembre 2010 et de la conclusion, à la date d'effet de cette rupture, soit le 5 mai 2011, d'un nouveau contrat de mission, après avis d'aptitude du médecin du travail au poste délivré le même jour, pour être affecté à un autre site de la même entreprise utilisatrice, ce contrat de mission, conclu au motif d'un accroissement temporaire d'activité, devant expirer le 1er novembre 2011.
19Il en résulte qu'en présence de la conclusion d'un nouveau contrat de mission répondant aux conditions de l'article L. 1251-26 du code du travail, excluant toute décision de l'entreprise de travail temporaire de ne plus faire appel au salarié par de nouveaux contrats de mission, la saisine de l'inspecteur du travail d'une demande d'autoriser la rupture amiable du contrat de mission du 1er novembre 2010 n'était pas requise.
20Par ce motif de pur droit, les parties en ayant été avisées en application de l'article 1015 du code de procédure civile, l'arrêt se trouve justifié.