Vu l'article L. 1232-1 du code du travail :
9Aux termes de cet article, tout licenciement pour motif personnel est motivé dans les conditions définies au présent chapitre. Il est justifié par une cause réelle et sérieuse.
10Pour dire que les retenues opérées par l'employeur sont justifiées, que le licenciement repose sur une cause réelle et sérieuse et rejeter les demandes en paiement du salarié, l'arrêt constate que le contrat de travail à durée indéterminée signé le 1er octobre 2017 prévoit une rémunération fixe forfaitaire de 1 716,21 euros brut par mois et une rémunération variable. Il relève que l'employeur produit l'attestation de M. [M], contrôleur de gestion, qui confirme que la prime mensuelle n'aurait dû être que de 1 650 euros brut, en raison d'un salaire minimum garanti de 3 366 euros comprenant une partie fixe et les primes. Il relève encore que l'employeur produit deux lettres de mission datées pour l'une du 24 février 2017 et pour l'autre du 22 août 2017, sans en-tête, mais dont il n'est pas contesté qu'elles émanent de sociétés qui ont employé le salarié, dans lesquelles il est fait mention des objectifs à atteindre, du calcul de la part variable du salaire et de son montant précis en fonction des objectifs réalisés, ainsi que de l'engagement de l'employeur à verser au salarié une rémunération mensuelle garantie à hauteur de 3 366 euros brut comprenant la partie fixe et les primes. Il observe qu'il n'y est pas noté le versement d'une prime mensuelle variable de 3 366 euros brut en plus du salaire fixe de 1 716,21 euros brut. Il ajoute que cette rémunération mensuelle variable n'était que de 1 650 euros sur les bulletins de salaire émis par le précédent employeur du salarié.
11Il en conclut que le salarié ne peut pas soutenir que cette rémunération mensuelle brute à hauteur de 3 366 euros voire plus, correspondant à la partie variable de son salaire, résulterait de l'application de son contrat de travail et retient que cette rémunération variable mensuelle à compter du mois de septembre 2017 était bien de 1 650 euros brut et non de 3 366 euros brut.
12Il retient encore qu'il est peu probable que le salarié ne se soit pas aperçu à la lecture de ses bulletins de salaire que la prime variable normalement fixée à la somme de 1 650 euros brut était d'un montant bien supérieur à compter du mois de juillet 2017. Il constate qu'il n'a pas alerté son employeur sur ces écarts de rémunération importants, que l'indu est difficilement contestable par le salarié et que son attitude, tant de juillet 2017 à mars 2018 qu'après la découverte de l'erreur, interroge sur sa volonté d'exécuter de bonne foi le contrat de travail et de percevoir une juste rémunération.
13En statuant ainsi, alors qu'elle avait constaté que les lettres de mission émanant des précédents employeurs du salarié et l'attestation de M. [M] sur lesquelles elle se fondait mentionnaient un salaire minimum garanti de 3 366 euros incluant la partie fixe et la partie variable en sorte qu'il ne pouvait en être déduit que la partie variable ne pouvait excéder la somme de 1 650 euros, la cour d'appel, qui n'a pas caractérisé en quoi le salarié aurait dû s'apercevoir d'une erreur et avait commis la faute de ne pas la signaler à son employeur, a violé le texte susvisé.