Vu l'article L. 2251-1 du code du travail :
6Selon ce texte, une convention ou un accord peut comporter des stipulations plus favorables aux salariés que les dispositions légales en vigueur.
7Pour condamner l'employeur à payer à la salariée une certaine somme à titre d'indemnité légale de licenciement, l'arrêt énonce d'abord que l'article 36 de la convention collective relatif à l'indemnité de licenciement est ainsi libellé : « 1. L'agent licencié bénéficie, sauf en cas de licenciement pour faute lourde ou pour faute grave, d'une indemnité de licenciement comportant 3 fractions, en fonction de son ancienneté à la date du licenciement. 1re fraction. L'indemnité de licenciement conventionnelle de base : de la 1re année révolue à la 18e année d'ancienneté, cette première fraction est égale à autant de 24e de la rémunération annuelle brute calculée sur les 12 mois précédents, que l'agent compte d'années entières d'ancienneté auxquelles s'ajoutent prorata temporis les mois de services accomplis au-delà des années pleines et ce, jusqu'à la 18e année comprise, sans toutefois qu'une même période puisse être prise en compte plus d'une fois en cas d'attributions successives de plusieurs indemnités. Le montant de cette indemnité conventionnelle de base ne peut dépasser la valeur de 9/12 de la rémunération annuelle brute qu'à partir de 19 ans d'ancienneté. (...) ». Il en conclut que ces dispositions exigent que le salarié justifie au moins d'une année d'ancienneté révolue pour se voir verser l'indemnité de licenciement.
8Il relève ensuite qu'à la date de rupture du contrat de travail le 28 février 2018, la salariée avait une ancienneté d'au moins huit mois pour avoir été employée à compter du 1er mars 2017. Il retient que l'article L. 1234-9 du code du travail, qui subordonne le versement de l'indemnité légale de licenciement à une ancienneté de services de huit mois ininterrompus, contient des dispositions moins restrictives que la convention collective sur cette condition. Il en conclut qu'il convient d'appliquer les dispositions légales.
9En se déterminant ainsi, alors que la salariée justifiait de l'ancienneté nécessaire pour prétendre à l'indemnité conventionnelle de licenciement, la cour d'appel, qui n'a pas vérifié si les modalités de calcul de l'indemnité conventionnelle de licenciement n'étaient pas plus favorables que celles de l'indemnité légale, a privé sa décision de base légale.