Vu l'article L. 1233-4 du code du travail, dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 :
14Selon ce texte, le licenciement pour motif économique d'un salarié ne peut intervenir que lorsque tous les efforts de formation et d'adaptation ont été réalisés et que le reclassement de l'intéressé ne peut être opéré dans l'entreprise ou dans les entreprises du groupe auquel elle appartient. Le reclassement du salarié s'effectue sur un emploi relevant de la même catégorie que celui qu'il occupe ou sur un emploi équivalent assorti d'une rémunération équivalente. A défaut, et sous réserve de l'accord exprès du salarié, le reclassement s'effectue sur un emploi d'une catégorie inférieure.
Les offres de reclassement proposées au salarié sont écrites et précises.
15En cas de candidatures multiples sur un même poste de reclassement proposé à plusieurs salariés, l'exécution de bonne foi de l'obligation de reclassement par l'employeur, si elle est contestée, suppose qu'il justifie des raisons objectives, l'ayant conduit à refuser au salarié concerné le reclassement dans l'emploi vacant.
16Pour dire les licenciements fondés sur une cause réelle et sérieuse, les arrêts retiennent, d'abord, que chacun des salariés s'est vu proposer soixante-deux postes de reclassement, que M. [L] a fait le choix de ne répondre favorablement qu'à trois propositions, les autres salariés à une seule proposition.
17Ils relèvent, ensuite, d'une part, que leurs desiderata ont été examinés au regard de la situation de leurs autres collègues de travail, d'autre part, que les salariés n'ont pas élargi leurs choix possibles, alors que par nécessité une certaine mobilité géographique et disponibilité fonctionnelle étaient attendues.
18En se déterminant ainsi, par des motifs inopérants, sans rechercher, comme il lui était demandé, si l'employeur justifiait par des raisons objectives son refus de reclasser les salariés sur les postes sur lesquels ils s'étaient portés candidats, la cour d'appel a privé sa décision de base légale.