Vu les articles L. 2422-4, L. 2411-1 et L. 2411-22 du code du travail et l'article 1184 du code civil, dans sa rédaction applicable en la cause :
7Il résulte de ces textes que le contrat de travail du salarié protégé, licencié sur le fondement d'une autorisation administrative ensuite annulée, et qui ne demande pas sa réintégration, est rompu par l'effet du licenciement et que lorsque l'annulation est devenue définitive, le salarié a droit, d'une part, en application de l'article L. 2422-4 du code du travail, au paiement d'une indemnité égale à la totalité du préjudice subi au cours de la période écoulée entre son licenciement et l'expiration du délai de deux mois suivant la notification de la décision d'annulation, d'autre part, au paiement des indemnités de rupture, s'il n'en a pas bénéficié au moment du licenciement et s'il remplit les conditions pour y prétendre, et de l'indemnité prévue par l'article L. 1235-3 du code du travail, s'il est établi que son licenciement était, au moment où il a été prononcé, dépourvu de cause réelle et sérieuse. Ces dispositions font obstacle à ce que la juridiction prud'homale se prononce sur la demande de résiliation judiciaire formée par le salarié protégé, même si sa saisine est antérieure à la rupture.
8Pour prononcer la résiliation judiciaire du contrat de travail, la cour d'appel, après avoir relevé que le salarié ne demandait plus sa réintégration, a retenu que l'autorisation de licenciement a fait l'objet d'une annulation par jugement du tribunal administratif du 27 juin 2011, confirmé par arrêt du 28 décembre 2012 de la cour administrative d'appel et que le salarié a sollicité sa réintégration le 28 juillet 2011, qu'en conséquence, la relation de travail n'était pas rompue à la date à laquelle les premiers juges ont statué, de sorte que le salarié pouvait formuler une demande de résiliation judiciaire, laquelle était fondée dès lors qu'il justifiait de manquements suffisamment graves de l'employeur.
9En statuant ainsi, alors que le contrat de travail du salarié était rompu par l'effet de son licenciement prononcé le 15 février 2008, la cour d'appel a violé les textes susvisés.