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CassationFormation : Formation restreinte

Cour de cassation, chambre sociale (Formation restreinte), 30 septembre 2020, n° 18-24.675

ECLI:FR:CCASS:2020:SO00831

La Cour annule tout ou partie de la décision attaquée

Extrait des motifs

Réponse de la Cour 5. L'article 7 de l'accord national du 3 mars 1993 relatif aux cadres de direction des sociétés d'assurances, applicable à la relation de travail, dispose que les cadres de direction licenciés pour un motif autre que la faute grave ou lourde et qui ont plus de trois ans de présence dans l'entreprise reçoivent une indemnité de licenciement calculée comme suit, sauf dispositions plus favorables du contrat de travail : Durée de présence dans l'entreprise par année en tant qu'employé ou agent de maîtrise par année en tant que cadre ou inspecteur par année en tant que cadre de direction Moins de 10 ans 2,5 % 4,0 % 8,5 % De 10 à 19 ans 3,0 % 4,5 % 6,0 % De 20 à 29 ans 3

Extrait des motifs de l'arrêt, cité mot pour mot : cette décision n'a pas de sommaire publié.

Cette décision vous concerne ?

Une décision de justice ne se transpose pas telle quelle à votre situation.

Articles visés

L'arrêt, étape par étape

Texte de la Cour, cité mot pour mot. Les noms sont remplacés par des initiales par la Cour elle-même.

Les faits et la procédure

1Selon l'arrêt attaqué (Paris, 26 septembre 2018), M. E... a été engagé à compter du 1er novembre 1984 par la société GPA en qualité d'attaché de direction. Son contrat de travail a été transféré à la société Generali vie, au sein de laquelle il exerçait en dernier lieu les fonctions de directeur des normes et du contrôle interne, la relation de travail étant soumise à l'accord du 3 mars 1993 relatif aux cadres de direction des sociétés d'assurances.

2Ce contrat de travail a été rompu le 30 juin 2014 par un accord de rupture conventionnelle.

3Le salarié a saisi la juridiction prud'homale le 1er octobre 2014 afin d'obtenir la condamnation de son employeur à lui payer des rappels d'indemnités de congés payés, d'indemnités compensatrices de congés payés, d'indemnités journalières pendant les arrêts maladie et d'indemnités compensatrices du compte épargne-temps, outre des dommages-intérêts pour préjudice de retraite.

Les questions examinées par la Cour

Sur le troisième moyen

Ce que soutenait le demandeur

4Le salarié fait grief à l'arrêt de le débouter de sa demande tendant à la condamnation de l'employeur à rectifier le libellé de son bulletin de paie du mois de juin 2014 en mentionnant une indemnité conventionnelle de 550 000 euros et en l'excluant du revenu imposable, alors « que l'article 7 de la convention collective des cadres de direction des sociétés d'assurance, qui est relatif à l'indemnité de licenciement, stipule que ''si l'intéressé a 50 ans ou plus à la date de licenciement, l'indemnité est majorée de : - 0,5 % de la rémunération annuelle par année de présence dans l'entreprise en tant qu'employé ou agent de maîtrise ; - 0,75 % par année en tant que cadre ou inspecteur ; - 1,25 % par année en tant que cadre de direction'' ; qu'en énonçant, dès lors, pour débouter M. U... E... de sa demande tendant à la condamnation de la société Generali vie à rectifier le libellé de son bulletin de paie du mois de juin 2014, que le calcul de M. U... E..., consistant à appliquer la majoration de l'indemnité de licenciement d'un salarié âgé de 50 ans ou plus prévue par l'article 7 de la convention collective des cadres de direction des sociétés d'assurance à l'indemnité de licenciement calculée au regard du pourcentage à appliquer en fonction de l'ancienneté et de l'emploi occupé, ne correspondait aux stipulations conventionnelles qui ne faisaient porter la majoration que sur la rémunération annuelle du salarié, par année de présence, quand, aux termes exprès de l'article 7 de la convention collective des cadres de direction des sociétés d'assurance, la majoration de l'indemnité de licenciement d'un salarié âgé de 50 ans ou plus que cet article prévoit s'applique à l'indemnité de licenciement elle-même, et non à la rémunération annuelle du salarié par année de présence, la cour d'appel a violé les stipulations de l'article 7 de la convention collective des cadres de direction des sociétés d'assurance. »

Réponse de la Cour

5L'article 7 de l'accord national du 3 mars 1993 relatif aux cadres de direction des sociétés d'assurances, applicable à la relation de travail, dispose que les cadres de direction licenciés pour un motif autre que la faute grave ou lourde et qui ont plus de trois ans de présence dans l'entreprise reçoivent une indemnité de licenciement calculée comme suit, sauf dispositions plus favorables du contrat de travail :

Durée de présence dans l'entreprise — par année en tant qu'employé ou agent de maîtrise — par année en tant que cadre ou inspecteur — par année en tant que cadre de direction — Moins de 10 ans — 2,5 % — 4,0 % — 8,5 % — De 10 à 19 ans — 3,0 % — 4,5 % — 6,0 % — De 20 à 29 ans — 3,5 % — 5,0 % — 6,5 % — 30 ans et plus — 4,0 % — 5,5 % — 7,0 %

Réponse de la Cour

Les pourcentages retenus pour le calcul sont ceux qui correspondent à la durée totale de présence dans l'entreprise à la date du licenciement. Si l'intéressé a 50 ans ou plus à la date du licenciement, l'indemnité est majorée de :

- 0,5 % de la rémunération annuelle par année de présence dans l'entreprise en tant qu'employé ou agent de maîtrise ;

- 0,75 % par année en tant que cadre ou inspecteur ;

- 1,25 % par année en tant que cadre de direction.

6En énonçant qu'il résulte de ce texte que la bonification de l'indemnité de licenciement à laquelle peut prétendre le cadre licencié à 50 ans ou plus, est obtenue, non pas par une majoration de l'indemnité elle-même, telle que calculée pour les cadres ne remplissant pas cette condition d'âge, mais par une majoration du taux appliqué à la rémunération annuelle servant de base à son calcul, la cour d'appel a fait une exacte application des dispositions conventionnelles.

7Le moyen n'est donc pas fondé.

Mais sur le premier moyen, pris en sa cinquième branche

Ce que soutenait le demandeur

8Le salarié fait grief à l'arrêt attaqué de le débouter de ses demandes tendant à la condamnation de l'employeur à lui payer certaines sommes à titre de rappel d'indemnités compensatrices de congés payés pour les années 2013 et 2014, de rappel d'indemnités compensatrices de compte épargne-temps, de rappel d'indemnités de congés payés pour les années 2011 à 2014, et de rappel de droits acquis dans le cadre du compte épargne-temps, outre une certaine somme à titre de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, alors « que pour la détermination de la rémunération brute totale perçue par le salarié sur la base de laquelle est calculée l'indemnité de congés payés, il est notamment tenu compte de l'indemnité de congés payés de l'année précédente ; qu'en déboutant, dès lors, M. U... E... de ses demandes tendant à la condamnation de la société Generali vie à lui payer diverses sommes à titre de rappel d'indemnités de congés payés et à titre de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, sans rechercher, ainsi qu'elle y avait été invitée par M. U... E..., si la société Generali vie n'avait pas omis de tenir compte, lors du calcul de ses indemnités de congés payés, de l'indemnité de congés payés de l'année précédente, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard des dispositions de l'article L. 3141-22 du code du travail, dans leur rédaction applicable à la cause. »

Réponse de la Cour

Vu l'article L. 3141-22 du code du travail, dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016 :

9Aux termes de ce texte, la rémunération brute totale perçue par le salarié sur la base de laquelle est calculée l'indemnité de congés payés doit notamment tenir compte de l'indemnité de congés payés versée à l'intéressé l'année précédente.

10Pour rejeter les demandes du salarié tendant à la condamnation de l'employeur à lui payer certaines sommes à titre de rappel d'indemnité compensatrice de congés payés pour les années 2013 et 2014, de rappel d'indemnité compensatrice de compte épargne-temps, de rappel d'indemnités de congés payés pour les années 2011 à 2014, et de rappel de droits acquis dans le cadre du compte épargne-temps, outre une certaine somme à titre de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, l'arrêt retient que les objectifs conditionnant le versement à l'intéressé de cette rémunération variable annuelle étaient calculés sur une période annuelle sans distinguer entre les résultats obtenus pendant les périodes travaillées et les périodes de congé, ce dont il déduit que cette rémunération variable ne devait pas être intégrée dans l'assiette de calcul de l'indemnité compensatrice des congés payés ou pour le calcul de ces congés.

11En se déterminant ainsi sans rechercher, ainsi qu'il le lui était demandé, si l'employeur avait tenu compte, lors du calcul des indemnités de congés payés dues au salarié, de l'indemnité de congés payés de l'année précédente, la cour d'appel a privé sa décision de base légale.

Et sur le deuxième moyen, pris en sa première branche

Ce que soutenait le demandeur

12Le salarié fait grief à l'arrêt de le débouter de ses demandes tendant à la condamnation de l'employeur à lui payer certaines sommes à titre de rappel d'indemnités journalières et de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, alors « que celui qui se prétend libéré de son obligation doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation ; qu'en énonçant, dès lors, pour débouter M. U... E... de ses demandes tendant à la condamnation de la société Generali vie à lui payer diverses sommes à titre de rappel d'indemnités journalières et à titre de dommages-intérêts pour préjudice de retraite qui étaient fondées sur l'absence de prise en compte, lors du calcul du montant de ses indemnités journalières, par la société Generali vie, de la rémunération variable qu'il avait perçue, après avoir retenu que cette partie de la rémunération de M. U... E... devait être incluse dans le calcul du salaire brut servant de base au calcul des indemnités journalières, que M. U... E... procédait par affirmation en se contentant de renvoyer, dans ses conclusions d'appel, à un tableau dont le calcul ne reposait sur aucun élément étayant ce document, quand il appartenait à la société Generali vie d'apporter la preuve qu'elle avait versé à M. U... E... des indemnités journalières dont le montant prenait en compte la rémunération variable perçue par M. U... E..., la cour d'appel a inversé la charge de la preuve et a violé les dispositions de l'article 1315 du code civil, dans leur rédaction antérieure à l'ordonnance du 10 février 2016. »

Réponse de la Cour

Vu l'article 1315 du code civil, devenu l'article 1353 du même code :

13Aux termes de ce texte, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.

14Pour rejeter la demande du salarié de condamnation de l'employeur à lui payer certaines sommes à titre de rappel d'indemnités journalières et de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, l'arrêt retient que le régime de prévoyance des salariés prévoit en cas d'arrêt maladie une indemnité journalière égale à 100 % du salaire journalier de base sous déduction des prestations de sécurité sociale ou du BCAC, que la part variable de rémunération versée au salarié doit être incluse dans le calcul du salaire brut dès lors que le régime de prévoyance ne fait pas de distinction pour caractériser le salaire de référence et que l'employeur s'oppose à cette demande en soulignant que le salarié a bénéficié de vingt-cinq jours de prévoyance en mai 2013 en tenant compte de la part de rémunération variable. Il retient toutefois que le salarié procède par affirmation en se contentant de renvoyer, dans ses conclusions, à un tableau dont le calcul ne repose sur aucun élément étayant ce document.

15En statuant ainsi, alors qu'il appartenait à l'employeur de démontrer qu'il avait bien intégré la rémunération variable de l'intéressé dans la base de calcul des indemnités journalières qu'il lui avait versées, la cour d'appel a violé le texte susvisé.

La décision

  • CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il déboute M. E... de ses demandes en paiement de rappels d'indemnités compensatrices de congés payés pour les années 2013 à 2014, d'indemnités de congés payés pour les années 2011 à 2014, de droits sur compte épargne-temps, d'indemnités compensatrices de compte épargne-temps, d'indemnités journalières et de dommages-intérêts pour préjudice de retraite, l'arrêt rendu le 26 septembre 2018, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ;
  • Remet, sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Paris autrement composée ;
  • Condamne la société Generali vie aux dépens ;
  • En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la société Generali vie et la condamne à payer à M. E... la somme de 3 000 euros ;
  • Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ;

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Citer cette page : « Cour de cassation, chambre sociale (Formation restreinte), 30 septembre 2020, n° 18-24.675 », Legitym — legitym.com/fr/jurisprudence/ECLI%3AFR%3ACCASS%3A2020%3ASO00831 · mis à jour le 1er octobre 2026 · Réf. LGT-GAQY2A5J