Ce que soutenait le demandeur
3Le syndicat fait grief au jugement de déclarer irrecevable comme forclose sa requête en annulation du second tour des élections professionnelles au comité social et économique de l'association, alors, en substance, qu'en application de l'article R. 2314-24 du code du travail, la requête portant sur la régularité de l'élection n'est recevable que si elle est remise ou adressée dans les quinze jours suivant cette élection et que lorsque la requête est adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, c'est de la date d'envoi de la lettre, non de la date de sa réception au greffe, dont il convient de tenir compte pour déterminer si le délai de forclusion de quinze jours a été respecté ; qu'en retenant, pour déclarer la requête forclose, que datée du 26 juin, celle-ci avait été adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception avant le 28 juin, date d'expiration du délai de forclusion, mais avait été réceptionnée au greffe le 1er juillet 2024, en sorte que la saisine du tribunal était tardive, le tribunal judiciaire n'a pas tiré les conséquences de ses constatations et a refusé d'appliquer les dispositions de l'article R. 2314-24 du code du travail.
Réponse de la Cour
Vu l'article R. 2314-24, dernier alinéa, du code du travail :
4Selon ce texte, lorsque la contestation porte sur la régularité de l'élection, la requête n'est recevable que si elle est remise ou adressée dans les quinze jours suivant cette élection.
5Il en résulte que lorsque la requête est adressée au greffe du tribunal judiciaire par lettre recommandée avec accusé de réception, la contestation a pour date celle de l'expédition de la lettre.
6Pour déclarer la contestation du syndicat irrecevable, le jugement retient que la requête, datée du 26 juin, a été adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et réceptionnée au greffe le 1er juillet 2024, soit après le 28 juin, date d'expiration du délai de forclusion, en sorte que la saisine du tribunal est tardive.
7En se déterminant ainsi, sans rechercher à quelle date la lettre de contestation avait été expédiée, le tribunal a privé sa décision de base légale.