9L'employeur fait grief aux arrêts de rejeter les fins de non-recevoir et de le condamner à payer aux salariés des dommages-intérêts en réparation de leur préjudice d'anxiété, alors :
« 1°/ que les parties peuvent uniquement, en cause d'appel, ajouter aux prétentions soumises aux premiers juges les demandes qui tendent aux mêmes fins ou qui en sont l'accessoire, la conséquence, ou le complément nécessaire ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a retenu que "si [la salariée] sollicitait en première instance l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété pour exposition à l'amiante, en faisant valoir le classement de la Manufacture de Baccarat sur la liste des établissements ouvrant droit à l'ACAATA, et qu'en appel [la salariée] invoque un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité pour exposition à des substances nocives, dont l'amiante, [la salariée] réclame toujours la réparation de son préjudice d'anxiété en conséquence d'une exécution fautive du contrat de travail par l'employeur", de sorte que "les demandes [de la salariée], en première instance et en appel, tendant donc aux mêmes fins, la fin de non-recevoir sera rejetée" ; qu'en statuant ainsi quand, bien qu'englobée dans une demande indemnitaire au titre d'un préjudice d'anxiété, l'indemnisation du salarié au titre d'un préjudice d'anxiété qui aurait résulté de son exposition au plomb et à la silice avait un objet différent de sa demande indemnitaire initiale au titre d'un préjudice d'anxiété qui aurait résulté de son exposition à l'amiante, les deux actions ne tendant pas à la réparation d'un même préjudice et ne tendant donc pas aux mêmes fins, la demande présentée en appel ne constituant en outre ni l'accessoire, ni la conséquence, ni le complément nécessaire de la demande présentée en première instance, la cour d'appel a violé les articles 564, 565 et 566 du code de procédure civile ;
2°/ que les parties peuvent uniquement, en cause d'appel, ajouter aux prétentions soumises aux premiers juges les demandes qui tendent aux mêmes fins ou qui en sont l'accessoire, la conséquence, ou le complément nécessaire ; qu'en l'espèce, la cour d'appel a retenu que "si [la salariée] sollicitait en première instance l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété pour exposition à l'amiante, en faisant valoir le classement de la Manufacture de Baccarat sur la liste des établissements ouvrant droit à l'ACAATA, et qu'en appel [la salariée] invoque un manquement de l'employeur à son obligation de sécurité pour exposition à des substances nocives, dont l'amiante, [la salariée] réclame toujours la réparation de son préjudice d'anxiété en conséquence d'une exécution fautive du contrat de travail par l'employeur", de sorte que "les demandes [de la salariée], en première instance et en appel, tendant donc aux mêmes fins, la fin de non-recevoir sera rejetée" ; qu'en statuant ainsi, cependant qu'elle a par ailleurs examiné distinctement les prescriptions des demandes d'indemnisation en retenant, d'une part, que "le point de départ de l'action [de la salariée] sur le fondement du préjudice d'anxiété pour une exposition à l'amiante se situe à la date à laquelle a cessé son exposition à l'amiante, sous réserve de la question de fond relative à l'existence de cette exposition" et que " [la salariée] est encore en poste au sein de l'entreprise, alors qu'il résulte notamment de sa pièce PSE 228, expertise pour risque grave, du cabinet Acante, du 21 avril 2021, que de l'amiante était encore utilisée à cette date par la société Baccarat", si bien que "[la salariée] ayant saisi le conseil de prud'hommes le 23 novembre 2018, alors que son exposition alléguée à l'amiante n'a pas cessé, son action n'est pas prescrite s'agissant d'une exposition à ce produit", d'autre part, que, "s'agissant du préjudice d'anxiété lié à une exposition à d'autres produits CMR que l'amiante, l'action [de la salariée] n'est pas prescrite, [la salariée] étant encore en poste dans l'entreprise, son exposition alléguée n'ayant donc pas cessé au jour de la requête saisissant le conseil de prud'hommes le 23 novembre 2018", ce qui confirmait que l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété au titre d'une exposition au plomb ou à la silice nouvellement présentée en appel était une prétention distincte de celle présentée en première instance et ne tendait pas aux mêmes fins, de sorte qu'elle était irrecevable, la cour d'appel, qui n'a pas tiré les conséquences légales de ses constatations, a violé les articles 564, 565 et 566 du code de procédure civile. »