Vu l'article R. 67 du code électoral et l'article R. 2314-24, alinéa 4, du code du travail :
6Aux termes du premier de ces textes, immédiatement après la fin du dépouillement, le procès-verbal des opérations électorales est rédigé par le secrétaire dans la salle de vote, en présence des électeurs. Il est établi en deux exemplaires, signés de tous les membres du bureau. Les délégués des candidats, des binômes de candidats ou des listes en présence sont obligatoirement invités à contresigner ces deux exemplaires. Dès l'établissement du procès-verbal, le résultat est proclamé en public par le président du bureau de vote et affiché en toutes lettres par ses soins dans la salle de vote.
7Aux termes du second de ces textes, lorsque la contestation porte sur la régularité de l'élection ou sur la désignation de représentants syndicaux, la requête n'est recevable que si elle est remise ou adressée dans les quinze jours suivant cette élection ou cette désignation.
8Il en résulte que le délai de quinze jours pour contester la régularité des élections ne court qu'à compter de la proclamation des résultats.
9Pour dire que le syndicat SNS est forclos en son action tendant à l'annulation des élections au CSE s'étant tenues les 14 et 29 avril 2022, le jugement retient, d'une part, que la société produit les procès-verbaux des élections et les témoignages de deux salariés qui affirment avoir assisté à la proclamation des résultats, d'autre part, que bien que la société ne précise pas les modalités selon lesquelles les résultats auraient été diffusés, il est établi que le syndicat SNS a eu connaissance par courrier électronique du 6 février 2023 de la tenue des élections au mois d'avril 2022 puis, par lettre du 22 février 2023, de la liste des élus.
10Il en déduit qu'en saisissant le tribunal judiciaire le 21 septembre 2023, soit six mois plus tard, le syndicat n'a pas saisi le tribunal dans le délai de quinze jours, de sorte que son action est forclose.
11En statuant ainsi, après avoir constaté que la société n'établissait pas la date à laquelle les résultats du scrutin avaient été proclamés, ce dont il résultait que le délai de recours contentieux n'avait pas commencé à courir, le tribunal judiciaire a violé les textes susvisés.