5La société fait grief à l'arrêt de juger que le licenciement du salarié est nul et, en conséquence, de le condamner à lui payer des sommes à titre de dommages-intérêts pour licenciement nul, de rappel de salaire pour la période de mise à pied, outre les congés payés afférents, d'indemnité compensatrice de préavis, outre les congés payés afférents et au titre de l'indemnité légale de licenciement ainsi que de lui ordonner de rembourser à Pôle emploi les indemnités de chômage versées le cas échéant au salarié dans la limite de deux mois à compter de la date de la rupture, alors :
« 4°/ que le salarié qui relate des faits susceptibles de constituer un délit ou d'un crime peut être licencié pour ce motif en cas de mauvaise foi, laquelle peut résulter de son intention de nuire, même en l'absence de preuve de la connaissance par le salarié de la fausseté des faits relatés ; qu'en l'espèce, l'employeur, après avoir rappelé que la mauvaise foi pouvait résulter notamment de l'intention de nuire du salarié, s'attachait à démontrer l'existence d'une telle intention chez le salarié dans la mise en uvre de la seconde alerte ; qu'en affirmant que la mauvaise foi ne pouvait résulter que de la connaissance qu'avait le salarié que les faits qu'il dénonçait étaient faux, pour en déduire que cette fausseté ne pouvait résulter d'une simple divergence d'analyse sur la qualification pénale qu'ils seraient susceptibles de recevoir et que la mauvaise foi du salarié dans le dossier de la société Chassinel n'était pas établie, quand il lui appartenait d'examiner les éléments invoqués par l'employeur pour établir l'intention de nuire du salarié, la cour d'appel a violé l'article L. 1132-3-3 du code du travail dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 ;
5°/ subsidiairement, que le salarié qui relate des faits susceptibles de constituer un délit ou d'un crime peut être licencié pour ce motif en cas de mauvaise foi ; qu'en l'espèce, l'employeur invoquait de nombreux éléments pour démontrer la mauvaise foi du salarié notamment dans la mise en uvre de la seconde alerte ; qu'en particulier, il soutenait que les deux alertes successives étaient intervenues dans un contexte où le salarié s'était vu refuser une augmentation pour 2018 en raison d'un niveau de performance insuffisant, et qu'il nourrissait un ressentiment très fort à l'égard de son employeur, certains collaborateurs ayant indiqué que les actions menées par le salarié dans le cadre de ses alertes étaient préméditées et procédaient d'une intention de nuire ; que l'employeur exposait également que l'alerte concernant la société Chassinel, lancée de façon opportune après que le salarié avait été informé qu'il ne pouvait bénéficier du statut de protecteur d'alerte au titre de sa première alerte, concernait des faits dont il avait connaissance dès juillet 2017, qu'elle n'avait pourtant eu lieu que près d'un an après et alors qu'il avait reçu fin 2017 tous les éléments de réponse de son employeur ; qu'il ajoutait que le salarié avait écrit à son employeur le 17 avril 2018 en prétendant lui laisser un mois pour répondre sur l'alerte Chassinel et avait affirmé le 6 juin 2018 ne pas avoir encore saisi l'Agence française anticorruption tandis qu'en réalité, il avait informé l'AFA de ce dossier dès le 23 janvier 2018 et complété son dossier le 9 mai 2018, et que bien que l'alerte ait été traitée conformément à la loi et que des réponses argumentées lui aient été apportées, le salarié avait informé (outre l'AFA) un officier de police judiciaire, la Direccte et l'inspection du travail de son signalement, et communiqué des photographies confidentielles prises sur le site du client à ces intervenants extérieurs ; que l'employeur faisait enfin valoir que le salarié avait, à l'occasion de ses alertes, multiplié les messages à plusieurs cadres de l'entreprise visant à les déstabiliser dans leur exercice professionnel et à les menacer d'actions judiciaires en se prévalant de son ''accès VIP au procureur de la République'' et avait adopté un comportement obsessionnel et compulsif à de multiples reprises, caractérisé par la multitude des courriels adressés à la société et à ses collègues, les menaces faites à ses interlocuteurs, et sa communication très large sur son statut de lanceur d'alerte, sur le contenu de ses alertes et sa prétendue discrimination ; qu'en se bornant à énoncer, pour en déduire que la mauvaise foi du salarié dans le dossier de la société Chassinel n'était pas établie, que la mauvaise foi ne pouvait résulter que de la connaissance qu'avait le salarié que les faits qu'il dénonçait étaient faux et que cette fausseté ne pouvait résulter d'une simple divergence d'analyse sur la qualification pénale qu'ils seraient susceptibles de recevoir, sans rechercher si les différents éléments invoqués par l'employeur ne permettaient pas d'établir la connaissance par le salarié de la fausseté des faits dénoncés, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 1132-3-3 du code du travail dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 ;
6°/ en tout état de cause que le salarié qui relate des faits susceptibles de constituer un délit ou d'un crime peut être licencié en cas d'abus du droit d'alerte ; qu'en l'espèce, la lettre de licenciement reprochait au salarié un abus du droit d'alerte que l'employeur s'attachait à démontrer par de multiples éléments ; qu'en particulier, il soutenait que les deux alertes successives étaient intervenues dans un contexte où le salarié s'était vu refuser une augmentation pour 2018 en raison d'un niveau de performance insuffisant, et qu'il nourrissait un ressentiment très fort à l'égard de son employeur, certains collaborateurs ayant indiqué que les actions menées par le salarié dans le cadre de ses alertes étaient préméditées et procédaient d'une intention de nuire ; que l'employeur exposait également que l'alerte concernant la société Chassinel, lancée de façon opportune après que le salarié avait été informé qu'il ne pouvait bénéficier du statut de protecteur d'alerte au titre de sa première alerte, concernait des faits dont il avait connaissance dès juillet 2017, qu'elle n'avait pourtant eu lieu que près d'un an après et alors qu'il avait reçu fin 2017 tous les éléments de réponse de son employeur ; qu'il ajoutait que le salarié avait écrit à son employeur le 17 avril 2018 en prétendant lui laisser un mois pour répondre sur l'alerte Chassinel et avait affirmé le 6 juin 2018 ne pas avoir encore saisi l'Agence française anticorruption tandis qu'en réalité, il avait informé l'AFA de ce dossier dès le 23 janvier 2018 et complété son dossier le 9 mai 2018, et que bien que l'alerte ait été traitée conformément à la loi et que des réponses argumentées lui aient été apportées, le salarié avait informé (outre l'AFA) un officier de police judiciaire, la Direccte et l'inspection du travail de son signalement, et communiqué des photographies confidentielles prises sur le site du client à ces intervenants extérieurs ; que l'employeur faisait enfin valoir que le salarié avait, à l'occasion de ses alertes, multiplié les messages à plusieurs cadres de l'entreprise visant à les déstabiliser dans leur exercice professionnel et à les menacer d'actions judiciaires en se prévalant de son ''accès VIP au procureur de la République'' et avait adopté un comportement obsessionnel et compulsif à de multiples reprises, caractérisé par la multitude des courriels adressés à la société et à ses collègues, les menaces faites à ses interlocuteurs, et sa communication très large sur son statut de lanceur d'alerte, sur le contenu de ses alertes et sa prétendue discrimination ; qu'en s'abstenant de rechercher, comme elle y était invitée, si un abus du droit d'alerte n'était pas caractérisé, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article L. 1132-3-3 du code du travail dans sa rédaction issue de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016. »