Vu les articles L. 1152-1 et L. 1154-1 du code du travail :
14Il résulte de ces dispositions que, pour se prononcer sur l'existence d'un harcèlement moral, il appartient au juge d'examiner l'ensemble des éléments invoqués par le salarié, en prenant en compte les documents médicaux éventuellement produits, et d'apprécier si les faits matériellement établis, pris dans leur ensemble, laissent supposer l'existence d'un harcèlement moral au sens de l'article L. 1152-1 du code du travail. Dans l'affirmative, il revient au juge d'apprécier si l'employeur prouve que les agissements invoqués ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.
15Pour débouter le salarié de sa demande en paiement de dommages-intérêts pour harcèlement moral, l'arrêt retient qu'il résulte de l'analyse des éléments produits que, hormis un fait unique d'attitude virulente non autrement définie, une réorganisation dont l'impact financier n'est toutefois pas démontré, un paiement incomplet des commissions dues et une absence d'organisation d'élections avant 2017, les faits allégués par le salarié ne sont pas établis.
16Il en conclut qu'il n'est pas présenté suffisamment d'éléments laissant présumer l'existence d'un harcèlement moral.
17En statuant ainsi, en procédant à une appréciation séparée de chaque élément invoqué par le salarié et sans prendre en considération les documents médicaux produits, alors qu'il lui appartenait de dire si, pris dans leur ensemble, les éléments qu'elle avait retenus comme étant matériellement établis et les certificats médicaux laissaient supposer l'existence d'un harcèlement moral, et, dans l'affirmative, d'apprécier les éléments de preuve fournis par l'employeur pour démontrer que les agissements en cause étaient étrangers à tout harcèlement moral, la cour d'appel a violé les textes susvisés.