Vu les articles 1315 , devenu 1353, du code civil et L. 3243-3 du code du travail :
13Selon le premier de ces textes, celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver et, réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation.
14Aux termes du second, l'acceptation sans protestation ni réserve d'un bulletin de paie par le travailleur ne peut valoir, de sa part, renonciation au paiement de tout ou partie du salaire et des indemnités ou accessoires de salaire qui lui sont dus en vertu de la loi, du règlement, d'une convention ou accord collectif de travail ou d'un contrat.
15Il en résulte que, nonobstant la délivrance de la fiche de paie, l'employeur doit prouver le paiement du salaire.
16Pour dire que la garantie de l'AGS-CGEA n'est pas due, sauf pour le salaire du mois de décembre 2015 d'un montant de 2 249,39 euros et pour l'incidence de congés payés d'un montant de 224 euros, l'arrêt retient d'abord que les bulletins de salaire litigieux des mois de décembre 2016 et janvier 2016 portent la mention d'un payement et, ensuite, que l'absence d'écritures sur le relevé bancaire du mois de décembre permet de caractériser le défaut de payement du salaire de ce mois, de sorte que c'est à bon droit que le premier juge inscrit au passif de la société la créance du salaire du mois de décembre, mais qu'en revanche, le relevé bancaire du mois de janvier ne mentionnant que des écritures partielles, arrêtées à la date du 11 janvier 2016, date d'émission du chèque, le défaut de payement n'est pas caractérisé pour les créances de salaire, indemnité de rupture et les accessoires.
17Il en déduit que le caractère certain des créances n'est pas rapporté de sorte que l'AGS-CGEA ne doit sa garantie que pour les montants de 2 249,39 euros et de 224 euros à titre d'incidence de congés payés.
18En statuant ainsi, alors que l'employeur ne justifiait pas, notamment par la production de pièces comptables, du paiement du salaire, et qu'elle avait fixé au passif de la liquidation judiciaire de l'association des sommes à titre de rappel de salaires pour les mois de décembre 2015 et janvier 2016, d'indemnité de congés payés, et à titre d'incidence congés payés, la cour d'appel a violé les textes susvisés.